‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 181 sur 333 · TERREUR DES PRISONS LE THERMIDOR · texte numérisé non relu

TERREUR DES PRISONS LE THERMIDOR

spiralion des prisons, dit le conventionnel Blauqui, n'était au fond qu'une septembrisation renouvelée sous des formes juridiques ^ »; et Merlin (de Douai), le rapporteur de la loi des suspecls, dans un autre rapport sur le renouvellement du tribunal révolutionnaire (nous aurons à y revenir), fait aussi ce rapprochement entre les massacres des prisons et les procédés du tribunal, à propos de ses jugements par amalgame*.

Aucun scrupule ne pouvait donc plus arrêter le Co* mité de salut public, et les prisonniers le savaient mieux que personne. Aussi, dans cette journée du 9, quand on entendit sonner le tocsin et battre la générale dans tous les quartiers, quand on vit les envois multiples de dépêches, l'agitation des guichetiers et des concierges, l'effarement des administrateurs de police, allant, venant, faisant prendre dans chaque prison des mesures de surveillance qui semblaient autant de menaces, on ne doutait plus qu'au premier moment les portes ne dussent s'ouvrir pour laisser entrer les égorgeurs. Au Luxenibourg, dans l'après-midi, Hanriot avait paru jusqu'à trois fois, pour s'assurer de ses gendarmes; aux Carmes, il y avait des hommes sous les armes, prêts à obéir au signal que l'administrateur de police, Crépin, voudrait leur donner ; à la Force, même terreur : « Mous sommes tous âgés aujourd'hui de quatre-vingts ans, » disait un des prisonniers à Yilate ^

Ils n'avaient pas conspiré jusque-là : mais dans plusieurs prisons ils songèrent à se concerter pour se défendre. Au Luxembourg et en d'autres maisons, les

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