GUÀP. LH. — LES SUITES DU 9 THERMIDOR
une autre de Bréard sur TafTaire de Calherine Théot que Robespierre sut étouffer ; puis il fut ramené en prison ^
Le tribunal l'évolulionnairc suspendu. GolTinhal devant le tribunal criminel de Paria : son eiécution. État des condamnations du tribunal révolutionnaire de Paris depuis son installation (3 ivril 1793) jusqu'au 12 thermidor (50 jiiil* Ict 1794).
Ije décret sur le tribunal révolutionnaire, ajourné sur les instances de Billaud-Varennes en vue de la dernière fournée du 12 thermidor, avait pourtant eu son efTet les jours suivants : le tribunal fut suspendu.
Un homme échappait ainsi à la honte d'y comparaître comme accusé, après y avoir siégé si longtemps comme juge, après y avoir présidé aux plus sanglantes hécatombes : c'était Coflinhal. Grâce à la confusion, qui avait suivi la chute de Robespierre, il s'était dérobé aux poursuites sous un habit de batelier et avait cherché un refuge dans l'île des Cygnes où il demeura deux jours et deux nuits, n'ayant à manger que des écorces d'arbre. Pressé par la faim, il prit le parti d*aller chez un homme qui était son obligé, qui le reçut en effet, l'enferma sous clef et alla chercher la garde.
Son jugement ne pouvait pas être long. Il ne s'agissait, comme pour les autres, que de constater son identité. Mais h qui l'adresser, le tribunal révolutionnaire étant
1. S^iince du 21 therm., Monii. du U (10 août 1794).— Cf. Dulaure» E*quiueê de la Hévol,^ t. UI, p. 309. — De la Conciergerie, on le transféra bientôt à Sainte-Pélagie : le conciei^e de la Concierfrerie arait été trop longtemps sous sa domination. Cela est dit dans la séance du 13 Tructidor {Moniteur du 15 — 1*' septembre 1794), et Lecointre, le* Crinien des »ept membre* de* ancien* ùnnité*, p. 108.
JUGEM6INT £T EXECUTION DE GOFFIMHÀL. S69
suspendu? On Tenvoya au tribunal criminel de Paris; et comme le tribunal exprimait des doutes sur sa propre compétence, un décret rendu sur la proposition de Dubois-Crancë Taulorisa, vu la suspension du tribunal révolutionnaire, à prononcer l'application de la loi tant contre CofCnhal que contre tous ceux qui seraient dans une situation pareille ^
Le jour même, Coffinhal, son identité étant constaléc, fut livré aux exécuteurs. Le retard qu'avait subi son jugement lui valut un supplément de tortures (le peuple l'aurait moins remarqué auprès de Robespierre). On se rappelait la dureté «ivec laquelle il fermait la bouche aux accusés, et Ton criait : « CofGnhal, tu n'as pas la parole! n On racontait qu'un jour, ayant condamné à mort un maiti'e d'armes, il avait dit : a Eh bien, mon vieux, pare-moi donc cette botte-là 1 » Et des hommes formés à cette école, toujours prêts à insulter les victimes, lui lançaient des coups de parapluie à travers les barreaux de la charrette, criant, hurlant avec un rica* ncment féroce : c Coffinhal, pare- moi donc cette botte-là*! »
On peut clore avec lui, bien qu'il soit comme hors cadre, la série des jugements à mort, des assassinats comme on le disait dès lors fort justement, dont le tribunal révolutionnaire du 10 mars se rendit coupable. On en peut faire la liste complète au moyen des dossiers que nous avons compulsés et des registres d'audience encore subsistants. En voici d'ailleurs le résumé dressé en forme authentique par le greffier du tribunal, avec la distinction des deux périodes avant et après la mort de Danton :