‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 196 sur 333 · JEAN SAUMONT; ANTOINE LAVAUX · texte numérisé non relu

JEAN SAUMONT; ANTOINE LAVAUX

voyée pour l'y forcer'. Sa femme, Catherine Maury, impliquée dans Taccusation, mais déchargée en séance publique, fut acquittée.

2* Antoine-Paul Lavaux, avocat à Bordeaux. Le grief était exposé ainsi dans son interrogatoire en date du 27 floréal :

D. S^il ne s'est pas mis à la tête de quelques jeune gens et s'il n'a pas crié, en dansant dans les rues, Vive le roU et s'il ne s'est pas rendu avec eux auprès de l'arbre de la liberté et s'il n'a pas fait monter sur cet arbre deux citoyens à TefTet d'abattre le bonnet de la liberté qui y étoit attaché?

R. Que tous ces faits sont faux*.

Les faits n'en furent pas moins repris dans l'acte d'accusation que Fouquier-Tinville devait faire et qui est au nom de P. Petit, substitut^; et ils trouvèrent à l'audience un témoin qui les confirma. Ce témoignage prévalut contre les dénégations persistantes de l'accusé, et le jury le condamna à runanimité\

Le 5 fructidor (22 août), double crime bien plus irrémissible : fédéralisme et fanatisme, et le coupable était de ceux à qui on ne pardonnait guère : c'était un ancien religieux minime, J.-B. Mitre Gonard, devenu vicaire constitutionnel de l'évêque d'Aix, et en dernier lieu volontaire dans le l*' bataillon des Phocéens*. Nommé

1. Saumont, dans son ioterrogaloire (Mirliculier et en séance publique, dit qa*il n'avait fait que repousser la force par la Torcc. — On lui objecta les menaces qu'il afsit proférées avant l'événement. (Archives, W 435, n* 5, pièce 9 (inlerrog.)f Ba//Wtn du tribunal révolutionnaire^ 6* partie, n* 1). — Les dossiers des Archives sont numérotés comme formant une nouvelle série. Le numéro du carton les distingue de la série précédente. Pour éviter plus sûrement encoïc la confusion, nous remplacerons, devant le chifTre, le mot douier par n".

S. Archives, W 435, n* 7, pièce 0.

3. Le nom d'Anloine-Quentin Fouquier est rayé de l'imprimé et remplacé par les mots P. Petit, substitut. (IM,, pièce 4.)

4. Ihid., pièce 5, cf. pièce 2 (procès- verbal d'audience) et pièce 3 (jugement) et Bulletin, ibid,, n» 2, p. 7. — 5. Archives, W 439, n* 35.

378 CE\P. un. — LE TRIBOAL RÉTOL. DU 25 THERUDOR.

électeur, il avait été envoyé à Aix et à Marseille pour élire des représentants à rassemblée qui devait se tenir à Bourges y en opposition à la révolution du 51 mai. Quant à ses « lettres fanatiques, > elles étaient d'une date un peu antérieure : c'était d'abord une lettre à TAssembléc nationale où il protestait comme prêtre contre la persécution dont la religion était Tobjet; puis deux lettres, l'une au comité de surveillance d'Aix, l'autre à une société populaire, « les antipolitiques républicains > de la même ville, à qui il adressait copie de cette même lettre, sans se dissimuler qu'elle pouvait le conduire à l'échafaud.

Arrêté lorsque le fédéralisme eut succombé, il fut interrogé d'abord devant le comité de surveillance auquel il avait adressé sa première lettre (14 prairial, 2 juin 1794). 11 ne nia point la mission dont il avait été chargé, mission dont il s'était acquitté en patriote, et reconnut ses deux lettres, déclarant que les sentiments dont elles témoignaient étaient gravés dans son cœur^ Aussi le comité n'hésita-t-il point à le déférer à l'administration du district', laquelle, dès le 18, le renvoya devant le tribunal révolutionnaire. Chose curieuse! cet

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