‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 202 sur 333 · Moniteur du 13 fructidor (30 août · texte numérisé non relu

Moniteur du 13 fructidor (30 août

LES SEPT MEMBRES DES ANCIENS œMITÉS. 287

les jugements de cinquante et de soixante personnes à la fois, pour des délits divers (jugements par amalgame), les cent cinquante-cinq (cent cinquante-sept) qu'on voulut juger en un jour et tout le manège de la conspiration des prisons; ajoutez quelques traits relatifs à Lebon, à Robespierre, à Lavaletle et autres aides de camp d'Hanriot ; même la journée du 9 thermidor, où^ grâce à leur négligence, on avait vu les décrets d'arrestation contre Robespierre et les autres rester sans effet, Hanriot enlevé par ses complices au sein même des comités et sous les yeux de la Convention nationale. — Voilà, en somme, les points de cette volumineuse accusation.

Goujon voulait écarter le débat ; mais Billaud le retint: accusé de tant de griefs, il exigeait qu'on en fît la preuve. Il y en avait un qu'il ne niait pas, c'est celui d'avoir fait périr Danton. Il s'en vantait. Danton pour lui était un conspirateur, comme Robespierre au 9 thermidor ; et les souvenirs de cette crise lui inspirèrent un beau mouvement:

On a reproché à Robespierre de vouloir mutiler la Convention, et en effet quelques jours avant sa mort Couthon avait demandé la tête de six représentants du peuple. Aujourd'hui le même système se renouvelle : il semble que l'ombre de Couthon plane encore à celle tribune, et que Lecointre ait ra* massé le testament politique de Robespierre.

Et il réclama la lecture des pièces.

Mais ce procès ne touchait pas seulement sept mem-* brcs; c'était le procès des comités, le procès de la Convention. Y avait-il un seul de ces griefs dont l'assemblée n'eût été la complice? Carabon le dit» Thuriot le répéta avec plus de force et coupa court aux débats en faisant voter un ordre du jour qui déclarait que les sept

288 CHU'. Lin. — LE TR1BG^AL RÉVOL. DU 25 THERMIDOR.

accusés c s'étaient toujours comportés confonnément au vœu national et au vœu de la Gon?ention n et que la Convention rejetait avec la plus profonde indignation la dénonciation de Lecointre.

Celait trancher la question et non pas la résoudre. Réflexion faite, ce résultat ne convint pas au plus grand nombre et, le lendemain, dès l'ouverture de la séance, un député demanda pour Thonnenr de la Convention elle-même, que Lecointre relût ses griefs et fournît les pièces à Tappui : proposition qui, combattue par Tallien, par Bourdon (de l'Oise), n'en fut pas moins adoptée.

Après la lecture des pièces, les inculpés devaient être entendus.

lecointre alla chercher son dossier qu'il avait laissé chez lui, croyant le débat clos, et, de retour, ût une nouvelle lecture de ses articles. Mais il n'avait pas de pièce pour tout article : souvent il invoquait la notoriété publique ou encore Fouquier-Tinvillc : triste témoin ; de là, réclamations, murmures, sans compter les répliques des membres incriminés et de leurs amis, et il y a là plus d'un trait précieux à recueillir pour l'histoire de la justice révolutionnaire. Ainsi à propos des instructions de la commission d'Orange, signées Carnot, Billaud-Varennes, Couthon, Billaud dit :

« C'est Couthon qui est l'auteur de l'arrêté. Je ne sais si je l'ai signé, mais je déclare que si je ne l'ai pas fait, je le ferois tout à ^heu^e^ >

// le ferait tout à l' heure I l'équivalent, le prototype de la loi du 22 prairial I Plus tard néanmoins, dans sa réponse écrite, tout en rejetant toujours la responsabilité de

L Laurent Lcooiiitre, Icê Cntncs des Sept, etc., p. 77.

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