LES SEPT MEMBRES DES ANCIENS COMITÉS. S
Tacle sur Coulhon, il parait plus disposé à s'en excuser, ainsi que Carnol dont la signature tenait pourtant la première place :
Car on sait, dit-il, que dans un comité où Ton a quelquefois jusqu'à deux cents signatures à donner par jour, on ne peut répondre que de son travail personnel, parce que dans l'impossibilité de lire les autres pièces, on est forcé de les signer de confiance ^
Faible excuse pour des actes d'une telle portée! Une autre fois, à propos de Tarticle 21 où Lecointre lui reprochait d'avoir toléré que Robespierre restât si longtemps absent du comité sans le dénoncer :
L'absence de Robespierre du comité a été utile à la patrie, car il nous a laissé le temps de combiner nos moyens pour l'abattre. Vous sentez que s'il s'y étoit rendu exactement, il nous auroit beaucoup gênés. Saint-Just et Couthon qui y étoient fort exacts ont été pour nous des espions fort incommodes '.
£nGn dans la discussion de l'article sur les 160 (157) accusés du Luxembourg que l'on voulait juger en une fois, Vadier, l'odieux Vadier, dont on a vu l'acbarnement homicide contre les Darmaing et plusieurs autres personnes de son pays, ayant dit :
Fouquier ne rendit aucun compte de cette affairé ; mais ayant vu dans les journaux une liste immense d'ouvriers d'artisans qu'on avoit fait guillotiner, j'en fus scandalisé;
Lecointre riposte à son tour :
Comment, Vadier, tu savois que ce tribunal faisoit guillotiner une quantité immense d^ouvriers, d'artisans, tu en or
i. Réponêe de /.-.Y. Billaud à Laurent Lecointre^ p. 57. 3. Lecointre, let Crimes deê sept, etc., p. 170.
TRIB. nÉTOL., V. lu
choqué jusqu'au scandale, et tu te contentes de demander à Fouquier s*il vouloit opérer la contre-révolution en disant périr les gens du peuple, les patriotes, et tu ne dénonces pas ce scélérat à la Convention I Tu sais tous ses crimes et c*esl toi qui souflres que ce même homme nous soit présenté pour être continué accusateur public '!
Mais si d'autres que les accusés répliquent, d'autres aussi reçoivent des coups de boutoir de ce sanglier qui est seul à faire tête à la meute : Gambon, par exemple :
Cambon, ce chef directeur des finances de la République, qui défend avec tant de zèle les grands coupables que je dénonce, il y a quelques mois, au sortir d'une des séances de la Convention, disoit à haute voix, en présence du public, et de notre collègue Garnier (de l'Aube), qui m'a autorisé de citer ce trait dont il a été témoin :
Voulez-vous faire face à vos affaires? Guillotinez.
Voulez-vous payer les dépenses immenses de vos quatorze armées? Guillotinez.
Voulez-vous payer les estropiés, les mutilés, tous ceux qui sont en droit de vous demander? Guillotinez.
Voulez-vous amortir les dettes incalculables que vous avez? Guillotinez, guillotinez, et puis guillotinez, etc.*.
Après l'épuisement du débat sur chaque article, Goupilleau (de Fonlenai) et Élie Lacoste, prirent la parole pour s'élever contre l'ensemble de la dénonciation. Peu s'en fallut qu'un décret d'accusation ne fût rendu non plus contre les sept, mais contre Lecointre. Il s'en tira avec ce certificat d'un de ses accusés, Collot-d'Herbois :
<t Je crois que cette séance a suffi pour nous convaincre que Lecointre n'est pas un contre-révolutionnaire, car un
i. Lccoinire, les Crimes des sept membres, etc., p. i28« 1 Ibid., p. 195.