‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 231 sur 333 · CHAP. LIV. - LE COMITÉ RÉVOL. DE N V.NTES ET CARRIER · texte numérisé non relu

CHAP. LIV. - LE COMITÉ RÉVOL. DE N V.NTES ET CARRIER

comme témoins, avaient été envoyés eux-mêmes à Paris comme prévenus. Il faut dire comment ils en étaient arrivés là et par quelles circonstances les bourreaux, pour celte fois du moins, allaient prendre la place de leurs victimes.

Les deux noyaJes de prêtres : 26 brumnire an H (16 novembre 4793)

et 20 frimaire (10 décembre).

Quand le comité avait expédié ses proscrits à Paris, il n'en était encore qu'à ses débuts, et s'ils fussent restés à Nantes leur perte, sans aucun doute, eût été plus certaine. On y avait trouvé un moyen plus sommaire de se débarrasser des prisonniers. Ce moyen avait été expérimenté le 26 brumaire an II (16 novembre 1795) par Carrier, en une matière où tout semblait licite. Les prêtres de Nantes et des environs, qui avaient refusé de prêter le serment de la constitution civile du clergé, avaient été, au cours de Tannée 1792, enfermés dans diverses prisons^ et se trouvaient en 1 793 détenus dans les prisons de Nantes. On les avait réunis en dernier lieu aux Petits- Capucins. On les en tira, au nombre de quatre-vingt-dix, pour les détenir sur un vaisseau appelé la Gloire. Le 26 brumaire, les deux principaux agents de Carrier, Fouquet et Lamberty, amenèrent une sapine, sorte de gabare, où des ouvriers, mis en réquisition, pratiquèrent des sabords, et dans la nuit du 26 au 27 ils y enfermèrent les prêtres. Un canonnier, placé en faction sur un ponton pour la garde de la Loire, dut s'incliner devant

1 M. A. lAiW'ié n raconté Vhntoire de leur persécution dans un'ccrit spécial publig à la suite des Noyades de fianteê (2"* édition).

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