LES DEUX .NOYADES DE PRÊTRES
un ordre de Carrier qui autorisait Fouquet et Lamberty à passer partout avec un gabareau chargé de brigands, et peu après des cris horribles lui firent comprendre que le sacrifice s^accomplissail. C'est lui-même qui en a rendu témoignage'. Les noyeui's élaientencorc novices : la gabare se trouvait si mal fermée qu'il y en eut quatre qui échappèrent; trois, recueillis par des matelots, furent repris, sur Tordre de Goullin, par Lamberty, et on ne les revit jamais! Le quatrième fut caché par des pécheurs dans leur barque et survécut à la Terreur*.
La gniiote qui avait servi de prison aux prêtres fut donnée à Lamberty pour prix de ses bons offices, et le lendemain il y donna un banquet où Carrier assista.
A quelques jours de là l'épreuve fut renouvelée : cinquante-huit prêtres étaient envoyés d'Angers pour être déportés selon lu loi dont ils avaient accepté les rigueurs plutôt que de faire le serment. Ils se trouvaient donc dès lors sous la sauve-garde de cette loi qui les frappait. Mais la déportation était impossible. Quand ils arrivèrent à Fentrepôt, Richard, de la compagnie Marat, demanda à Carrier s'il fallait les y laisser: « Non, répondit-il, pas tant de mystère, il faut f... tous ces b...-Ià à l'eau. » C'est encore à Lamberty que Carrier voulait en confier le soin : mais cette sorte d'expédilion avait des profits que l'autre lui envia. Il le prévint donc et ce fut à la pointe d'indret que se fit celte fois h noyade. Neuf mariniers qui y servirent reçurent quatre livres chacun. Affilé, charpentier, qui avait travaillé à faire les sabords, n'avait pas été payé, lls'en plaignit à Carrier qui lui fit ré-
1. Déclaration de Wailly (pièces remises à la commission des Vingt et un), p. 24 et 25. A. Lalliê, lett Noyades de Nattlra, p. 15-14.