‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 239 sur 333 · CARRIER RAPPELÉ; FOUQUËT ET LAMBERTY · texte numérisé non relu

CARRIER RAPPELÉ; FOUQUËT ET LAMBERTY

prit la fièvre et mourut peu de jours après. El celui qui a raconté cette scène ajoute : « Les noyades n^en continuèrent pas moins ^ »

Rappel de Carrier. Condamnation de Fouquct et de Lambcrly. Renvoi au tribunal révolutionnaire de Pliclippes-TronjoUy et des membres du comité.

Le rappel de Carrier devait plus sûrement que cette opposition mettre fin h ces forfaits abominables; mais ce ne furent pas les noyades qui le firent rappeler par la Convention. Ses extravagances, son luxe insensé, ses \iolences envers tout le monde dont nous retrouverons les témoignages dans son procès, avaient choqué un ami de Robespierre, Marc-Ântoine Jullien, fils du député de laDrôme, jeune homme de 19 ans, envoyé comme en inspection auprès des représentants en mission dans rOuest : fort de l'appui qu'il se sentait avoir, le jeime homme osa braver les menaces de Carrier jusque dans Nantes et décida son rappel. Ce ne furent pas non plus les noyades qui firent arrêter et condamner ses deux agents, Fouquet et Lamberty, après son départ. Ils lurent arrêtés parce qu'ils avaient osé menacer le comité, et dans leur jugement on n'eut garde d'évoquer des actes où le comité n'était pas moins compromis que Carrier lui-môme. Â l'exemple de leur patron, ils prenaient volontiers dans les prisons les femmes qui servaient à leurs débauches': on les condamna comme ayant soustrait des femmes contre-révolutionnaires à la vengeance natio-

1. Piècet remises à la commiasion des Vingt et uftj p. 80, cl A. Lallic, les Soyades de Nantes^ p. 68.

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