‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 245 sur 333 · OFFENSIVE PRISE CONTRE LES TÉMOINS · texte numérisé non relu

OFFENSIVE PRISE CONTRE LES TÉMOINS

sens pour la détruire; on n'étoit donc pas fcdéralisle à Nantes, on y étoit républicain et, on peut le dire, dans cette commune. Terreur étoit bien près de la vertu ; elle étoit la yertu même, si la vertu a ses erreurs ^

A l'appui de celte allégation, Phelippes niconlail la vigoureuse défense de Nantes dans In journée du 29 juin, et les actes par lesquels la municipalité et le déparlement avaient rétracté « les mesures prises dans des moments d'erreurs » à l'égard de la Conveniion :

Maintenant, je le demande, continuait-il, dos administrateurs du département, qui, en septembre 1792, félicitoient la Convention d'avoir décrété la République; des fonctionnaires publics qui, en décembre 1792, demandoient à la Convention le jugement du tyran, et en février 1793, la félicitoient sur la mort de ce despote; enfm ceux qui, en mars, Faisoient décerner des honneurs funèbres à la mémoire de Michel Lepellelier, des amis aussi chauds de la liberté, des antagonistes aussi prononcés de la tyrannie peuvent-ils être considérés comme des fédéralistes?

Et reprenant l'offensive contre ses accusateurs, qui étaient à la veille eux-mêmes d'être accusés :

Il est de toute évidence que le comité révolutionnaire de Nantes, maintenant traduit au tribunal révolutionnaire et près d'expier ses crimos, a été l'origine et le moteur de toutes les vexations que les meilleurs républicains ont éprouvées ; que Tacharnoment de ce comité, de ses complices ou adhérents, est la preuve surabondante de Tinnoccnce des patriotes qu'ils ont persécutés. Ce comité, à présent incarcéré et livré au bras vengeur de la justice, comme ultra-révolutionnaire et concussionnaire, s*est couvert de tous les crimes, et notamment le témoin Goullin. Je Feu accuse en face, je contracte rengagement d'établir sans réplique tous ses délits, de dcve-

i. Bulletin, p. 70.

5bî aiAP. LV. — LES QCATRE-VP«T4ïrAT0RZE NA>TAIS, ETC.

lopper 89 turpîlude, toute cette chaîne de forfaits et d'atrocités qui lui ont valu Texécration générale, et qui provoquent contre lui la vengeance des lois ^

Cette défense fut, en subslance, celle de tous les autres sur la question de fédéralisme; chacun opposait à Taccusation ses états de services révolutionnaires : car le plus grand nombre en avaient: adhésion au 10 août, adresse pour demander la tête du tyran, honneurs à Lepelletier, guerre aux instituteurs et institutrices fanatiques pour leur arracher les enfants et les remettre en des mains capables d'en faire des patriotes, etc. '.

Ce n'étaient pas seulement les accusés, c'était le tribunal qui se tournait conlre les témoins accusateurs :

D. Témoin, disait le président à Goullin, comment avezvous pu, sans preuve matérielle, sans dénonciation, priver tant d'individus de leur liberté, leur faire éprouver tant de maux; enfin, ce qui paroitle comble des vexations, comment avez-vous pu traduire, sans aucuns renseignements, sans le

i. Bulletin,^. 73.

1. Voici 11 réponse de l'accusé Fournicr qui iTaii conduit jusqu'à Ycrsiilles une force de cent lionimcs pour délivrer la Convenlion après le 31 mai :

c II est Trai que j'ai amené à Versailles une force armée de cent hommes, dans li persuasion où i'é'ois alors que la représentation nationale étoit comprimée dans ses travaui, et qu'elle avoit besoin d*unc force supérieure pAur recouvrer sa liberté, et délibérer sans entrave ni contrainte; mais à peine sui$-jc arrivé auprès du soleil de Topinion, que je me trouve éclaire par ses rayons. J'acquiers la conviction de mon erreur: je reconnois toute la liberté de la Gon- Tention, toute la suffisance de ses forces pour émettre librement son vœu et s'occuper de la prospérité publique. Mes camarades d'armes eux-mêmes ne lardent pas à partager mon opinion ; et par suite de leur dévouement pour la patrie, de cet élan sublime pour la liberté, qui n'envisage que le salut de son pays, et ne calcule pas les dangers, mes cent frères d'armes volent au poste le plus périlleux ; ils miirclicnt contre les rebelles de la Vendée : mais auparavant ils fraternisent avec les sections de Paris et notamment celle de la Cite ; ils y renouvellent le serment de défendre la République une et indivisible : mais auparavant, et dans leur route, ils fournissent une nouvelle preuve de leur attachement à In représentation nationale en arrachant à Orlé^ms Léonard Bourdon des mains des factieux qui vouloient l'assassiner. Si à ces traits on peut rcconnottre un iVdéralistc, je mu fuis gloire de l'être (Bulletin, p. 87-88).

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