t\ question a été discutée ci-dessus, p
506 CIIAP. LV. — LES QUATRE-VH^GT-QUATORZE iYVNTAIS, ETC.
arrestations, dans les exactions et dans le vol. Puis elle reprenait les charges propres à chacun des accuses, et on les retrouve conflrmces et singulièrement accrues dans le cours des débats. Déjà deux des principaux auteurs de ces crimes les avaient expiés, on Ta vu, par jugement du tribunal révolutionnaire do Nantes : Fouquet et Lambcrty, agents de Carrier. C'est de Carrier qu'ils s'étaient réclamés aloi*s; c'est sur eux que les membres du comité révolutionnaire de Nantes, mis à leur tour en jugement, rejetaient la responsabilité des actes les plus odieux. Mais il en restait encore assez à la charge de chacun.
Goullin, en raison de son intimité avec Carrier et de l'ascendant qu'il avait sur tous les autres, a la plus large part de ces griefs. Les prisons de Nantes, on l'a vu, étaient encombrées de Vendéens qui, pris en combattant ou enlevés à leurs demeures, y avaient été jetés en masse. Elles en étaient infectées. Le médecin Laennec, premier témoin entendu \ portait à dix mille le nombre de ceux qui y avaient péri ; Goullin le réduit à deux mille' : c'est un beau nombre encore. Ordre avait été donné par Carrier d'épurer les prisons. Mais comment? Ce n'était pas en
rendant la liberté aux détenus, à coup sûr. Goullin était accusé d'avoir eu la principale part dans la confection des listes de ceux qui étaient voués à la mort. Il s'en prend à Carrier, mais il ne craint pas d'en faire l'apologie :
Il faut, dit-il, apprendre au tribunal qu'à celte époque les prisons étoient remplies de brigands, et que le dessein d'immoler tous les détenus étoit suffisamment justifié par les
1. Audience du 25 vendémiaire an 111 (IG octobre 1704). Archives, Vt 405, dossier 470, 3* partie, pièce 45 (procès-» verbal d'audience).