JOLLY, PICARD
et Jolly opina pour a qu'il fut rcF... à Teau. » Ce furent ses expressions» dit Leroy, qui en dépose*.
Pinard, accusé d'avoir volé, entre autres choses, une montre d'or, répond : c Elle était d'argent' ». Simple peccadille I Nul ne montra plus de perfidie, de violence et d'avidité dans le pillage. Il recevait de l'argent pour épargner les maisons et les laissait ensuite brûler par les siens :
J'ai reçu les huit cents livres, dit-il en réponse à Taccusation de la veuve Careil, ex-noble, dans l'espérance où j'étois que c'étoit le moyen de sauver (prévenir) l'incendie en leur promettant le partage de cette somme. Au reste on en a usé avec la famille Careil comme avec tous les brigands que nous étions autorisés à dépouiller et à tuer^.
Cet homme qui est pourtant signalé comme ayant bravement combattu àÀncenis, à Savenay (sa présence dans les combafs valait cinquante hommes, disent deux témoins*), montra, dans les campagnes de dévastation qui suivirent la victoire, la férocité la plus lâche. Là il faisait la guerre aux enfants et aux femmes. Un témoin, Mariotte, horloger, jeune volontaire de vingt ans, envoyé avec plusieurs de ses camarades pour protéger un convoi de vivres, était allé loger chez une femme nommée Chauvette :
Cinq jours après arriva Pinard, vers une heure du matin, qui nous dit que nous étions chez des brigands, qu'il avoit déjà tué six femmes, et que la Chauvette seroit la septième. n la menaça et crut la rassurer en lui disant : « Console-toi ; ton
1. Bulletin^ p. 250 (audience du 28 vendémiaire); cf. p. 231.