TÉMOINS MIS EN JUGEMENT : NAU, VIG, SULLIVAN
sa férocité sur un arrêté qui, disoit-il, ordonnoit de ne rien épargner; aussi des volontaires sans principes, sans mœurs, sans humanité, pilloient, massacroient, égorgeoient hommes, femmes et enfants ^
Dans le cours de ces débats, un certain nombre de témoins, prévenus de complicité, furent arrêtés, séance tenante, et mis au rang des accusés :
Le 27 vendémiaire an III (18 octobre 1794), Nau Taîné, de la compagnie de Marat^, qui avait eu son rôle dans la noyade du 25 frimaire ;
Le 3 brumaire (24 octobre), Joseph Yic, commissaire du comité révolutionnaire, impliqué dans le môme forfait'; Pierre Foucault, commandant temporaire de Paimbœuf, et ci-devant tonnellier, inventeur et fabricant des fameuses soupapes ou sabords factices qui servirent aux noyades^; Julien Cuarretier, de la compagnie de Marat, qui avouait avoir conduit à la gabare ceux qu'on allait noyer, et qui avait montré à le faire une joie insultante, et un zèle homicide : < Sont-ils joliment c.,« ; allons, dépêchons-nous, la marée baisse^; > et Claude RicnARD, qui après avoir aidé à la noyade des prêtres, s'en était approprié en partie les dépouilles^ ;
Le 4, Sullivan, maître d'armes, nommé par Carrier adjudant de la place de Nantes : il reconnaissait c qu'il avait été commandé pour conduire des femmes dans une galiolte; qu'il avait été témoiu oculaire de noyades de brigands et de femmes », ajoutant il est vrai que toutes
1. Bulletin, p. 406-407 (audience du 20 brumaire, novembre 170i).