M. A. Sorel, tes Carmélite* de Compiègne ^ p
Mais après le 10 août 1 792 les choses changèrent de face. La chute de la royauté inaugurait, même avant la proclamation de la République, Tèrede la Révolution, et le décret du 17 août ordonna que jes maisons occupées encore par les religieux et religieuses seraient évacuées et mises en vente. Les Carmélites durent donc sortir de leur couvent; et toutefois, même alors, on ne mit aucun acharnement à les disperser. Ni après les journées de septembre, ni dans toute Tannée 1793, on ne les inquiéta \ Elles s'étaient partagées entre trois maisons, sortant peu, selon l'esprit de leur ordre, et pratiquant, autant qu'elles le pouvaient, en commun, leurs devoirs religieux; ce qui ne pouvait tarder à les rendre suspectes, quand la religion devint un crinie d'État.
Elles avaient cependant obéi à tout ce qui ne paraissait pas contraire à leur foi. Elles avaient prêté le serment de liberté et d'égalité', ce serment qui avait effarouché leurs sœurs de Paris, auquel celles-ci se refusèrent .obstinément, même devant le tribunal, sous le couteau de la guillotine. Mais elles n'avaient aucune part avec ceux qui avaient fait acte de schisme par le serment de la constitution civile du clergé. Elles étaient en correspondance avec d'autres religieuses, avec des parents qui ne cachaient pas davantage leur tristesse sur l'état de l'Église. Elles ne se croyaient probablement pas, sur ce sujet, tenues à la règle du silence. C'était un péril, et une de leurs correspondantes les en avertit :
Ne vous gênez jamais, disait-elle, quand vous avez besoin d'écrire à mon père, je lui ferai remettre exactement ; mais