Archives, W 423, doiticr 958, 2* partie, pièce
3. Ibid,, pièce 32 (29 floréal), et une autre à la suite (30 flor<Sal).
4. Ibid.9 pièce 33 ; cf. pièce 34 : Lettre au citoyen Dubarran du Comité de sûreté générale.
LegriSy le principal complice des jugements en blanc dont nous avons parle. Voici ce que l'accusateur public lui reprochait dans un paragraphe assez incorrect ajouté en marge de l'acte d'accusation qu'il avait déjà dressé contre les autres :
Legris^ se disant intendant du conspirateur d'Âvray, étoit son agent auprès de Magon de la Balue pour lui procurer les sommes nécessaires à l'exécution de ses travaux liberticides ; c'est lui qui [lui] procura en mars 1792 une somme do 32000 livres. On le voit sortir du territoire français pour se rendre à Mons pour conférer avec d'Avray sur Téxécution de ses complots. EnGn on le voit prodiguer dans les mois de février, mars, avril et mai 1792 les dénominations féodales de duc et de duchesse à ces infâmes conspirateurs et se qualifier au bas de ses lettres intendant de M. le duc d'Avray ^ Le masque du patriotisme dont il s'est couvert et l'audace qu'il a eue de prétendre à la confiance d'un tribunal qui punit les conspirateurs, sans distinction, ne fera que rendre plus terrible le châtiment qui l'attend et servira de leçon à ceux qui oseroient l'imiter.
a Le malheureux Legris, mon collègue, dit Tavemier, fut arrêté chez lui à cinq heures du matin» couché avec son épouse; il fut conduit à la Conciergerie à sept heures; à neuf heures un acte d'accusation lui fut signiûé; à dix heures il monta sur les fatals gradins; à deux heures il fut condamné; à quatre heures il n'existoit plus*. »
Pardonnons-lui donc de n'avoir pas rempli les vides de tant de jugements rendus en blanc, puisque d'ailleurs sa négligence même a mis devant nos yeux, en pleine lumière, la manière de procéder du tribunal.
1. Cf. plusieurs de ses leUres (6 et 30 STril, 14 mai 1792). Archives, VF 422, dossier 958, 1" partie, pièces 98-100.