Ibid., cr„ carton 18, p
6. /6id., carton 15, pièce 188, et registre de la maison de Belhomme, i^ 15, verso.
FLÂV16NT, HH. DE YER6ËNNES. Ii3
Flavigny, un des jeunes officiers qui avait montré le plus de déyouement à Louis XYIi arrêté le 10 août et (chose extraordinaire) gardé en prison jusque-là; le comte Jean Grayier de Vergennes, le frère de l'ancien ministre et son fils Charles, ancien maître des requêtes. Les déparlements mettaient volontiers les nobles qui avaient des biens dans leur ressort sur la liste des émigrés. Le département de Saône-et-Loire en avait agi ainsi à l'égard de Charles GravierdeVergennes. Instruit du fait, il réclama à la Convention. Il produisit un certificat de résidence, d*où il résultait que depuis dix ans et plus il n'avait point quitté le pays. Il y ajoutait un extrait de la délibération prise en assemblée générale, le 20 nivôse précédent ( 9 janvier 1 794), par sa section, la section de Brutus, qui attestait les services, tant civils que militaires, rendus par lui depuis 1789, sans interruption, ainsi que son dévouement à la cause publique. Le comité de législation en fit à la Convention un rapport favorable, et la Convention renvoya la pétition et les pièces au conseil exéculif pour y faire droit (5 pluviôse, 24 janvier 1794)*. Y eut-il mainlevée des biens saisis? Je ne sais ; quant aux personnes, la chose est sûre : Charles de Vergennes et le comte de Vergennes son père, détenus comme suspects, furent gardés en prison, compris dans la conspiration de Saint-Lazare et condamnés, ce qui tranchait du même coup la question de leurs biens.
Nous n'insisterons pas davantage sur le caractère, sur le sexe et sur l'âge de toutes ces personnes qu^on accusait de conspirer dans la prison, prêtres, nobles, anciens officiers, anciens magistrats, femmes surtout. Notons
i. Extrait d'une pièce conaerrée au Ministère des affaires étrangères, Emigrit^ n* 2748 e»ooauniiniquâ par H. P. de Rémusat, trrière-petit-fils de Gb. de Vergeoaei .
TID. MÉTOL. ▼ 8
lu CHAP. XLYIU. - CONSPIR. DES PRISONS : SAINT-LAZARE.
seulement deux de ces dernières r<ibbesse de Montmar^ tre, plus que septuagénaire, et Mme de Meursin, âgée de vingt et un ans : celte vieille religieuse, et cette jeune dame qui était paralyséedes jambes, n'en élaienl pas moins mises au nombre de ceux qui voulaient s'échapper sur une planche jetée d'une fenêtre de la prison à une terrasse, par-dessus la cour où était la sentintdle, pour aller égorger les membres des deux comités.
a J'ai vu », dit Sirey, en parlant de Mme de Meursin et de Tabbcsse de Montmartre, ce j'ai vu ces deux victimes descendre du tribunal pour aller à l'échafaud : on portait Tune, on traînait l'autre ^ »
Les dames d'Hinnisdal, de Meursin, Joly de Fleury cl de Saint-Âignan se déclarèrent enceintes. Mme de Saint- Âignan était détenue avec son mari ; pour les autres on poussa la torture jusqu'à exiger, par déclarations signées d'elles, lesnoms de ceux dentelles seprétendaientgrosses*. La pièce qui contient leur déclaration et cellede la femme Malicornet, condamnée le 5 thermidor, porte au-dessous cette note de la main de CofGnhal :
Attendu que dans la maison d'arrêt Lazare, il est impossible que les hommes communiquent avec les femmes ; que d'après les rapports des officiers de santé il n'existe sur les condamnées aucun signe de grossesse ; qu'une d'elles a des signes contraires, et que les condamnées sont détenues à la maison de Lazare avant les époques qu'elles ont fixées pour leur grossesse'...
Or, la déclaration des médecins que l'on a dans une