‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 87 sur 333 · i6i</., pièce 5a · texte numérisé non relu

i6i</., pièce 5a

DÉCURATIONS DE GROSSESSE. 115

autre pièce 'est négative pour Mme de Meursin, dubitative pour MMmes d'Hinnisdal et Joly de Fleury, la date étant trop rapprochée, mais elle énonce de fortes présomptions en faveur de la femme Malicomel et une affirmation positive pour Mme de Saint-Aignan, grosse de trois mois et demi. Ces deux dernières furent épargnées; MMmes de Meursin, d'Hinnisdal et Joly de Fleui^, envoyées à Téchafaud par un nouvel arrêt du 7 thermidor*. Le commis grefûer Tavernier fit, à propos de ce jugement, cetle révélation curieuse au procès de Fouquier- Tinville. C'est lui qui avait été appelé à la chambre du conseil pour écrire les déclarations de grossesse, et c^est à lui aussi que Fouquier remit le lendemain une note

pour la rédaction du jugement d'exécution :

D'après les mandats et motifs portés en cette note convenus avec les juges assemblés en conseil dans la chambre de Cof- 6nhal, je fis, dit-il, sur ces motifs ce jugement, et à la lecture Coffinhal ne trouva pas ces motifs suffisants, et il y en ajouta

1. Koas flOotBÎgDés, officien de santé du tribanil, assistés delà citoyenne Prioai, nge-femme, certifions que la nommée Catherine-Louise Saucourt, veuve Hinnisdal, âgée de trente-trois ans, se disant enceinte de cinq semaines; la nommée Elisabeth-Marie-Picrrette Dubois de Courrai, veuve Joli Fleury, âgée de 36 ans, se disant enceinte de six semaines, ne nous ont montré dans nos examens aucuns signes de grossesse, vu qu'il n*y en a jamais d'appirents i ces lermes différents.

Certifions encore, avoir visité et examiné la nommée Marie- Isabelle Pigrais* femme Marsin, âgée de 21 ans, se disant enceinte de six semaines ; nous avons reconnu* qu'elle avait ses règles et que par conséquent elle n'étoit pas enceinte (ef en marge) d'après Tordre ordinaire de la nature. Déclarons aussi avoir visité la nommée Marie-Anne Malicornet, âgée de 36 ans, se disant enceinte de deux mois. Nous croyons d'après nos examens avoir de fortes présomptions de grostesse. Enfin nous avons examiné et visité la nomm<^e Françoise-Camille Béranger Beanvilliers Saint-Aignan, se disant enceinte de trois mois et demi, fait qui nous a paru constant.

Ce 7 thermidor, U 2" de la République une et in -ii visible.

Signé ; Erguciiiid (qui a écrit le rapport), Naubt, GiBAUD, veuve Pbiouz.

(Arcliives, ibid., pièce 12)*

S. Ibid.^ pièce 14.

116 GHAP. XLYOL — GONSPIR. DES PRISONS : SAmT-LAZiRE.

d'autres qui sont portés en renvoi sur la minute. Ces motifs, autant que je puis me les rappeler, portoient sur ce que depuis l'époque de la grossesse énoncée, les femmes étoient détenues à Lazare, où il étoit impossible de communiquer avec les hommes. Je me permis naturellement l'observation que ceci étoit contraire à ce qui s'étoit passé aux débats, puisque les hommes communiquoient avec les femmes, et qu'on les avoit condamnées comme ayant conspiré avec eux ; que d'ailleurs la ci-devant duchesse Saint-Aignan étoit enceinte de quatre mois, et qu'elle étoit renfermée dans la même maison où étoit son mari. Coffinhal, avec sa brutalité qui lui étoit naturelle, me dit: « Tu n'as pas ici voix déiibérative; tes observations sont de trop, tu es fait pour écrire ce qu'on te dit, et écris. » Les juges se turent ; le jugement fut rédigé comme CofGnhal le voulut, et les malheureuses femmes furent exécutées le mémejour*.

2« fournée (7 thermidor = 25 juillet). Roucher et André Chéoier.

La seconde fournée, celle du 7 (25 juillet), contenait vingt-six accusés :

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