CRÉQUY-MONTMORENCY ; BARON DE TRENG
par leurs noms ou par leurs services : Gratien de Montalembert, Charles d'Houdelot, marquis de Roquelaure, comte Dolcy, Bourdeille^Goesman, elc.yiioloas-eu deux : 1* Créqui-Montmorency, qui se disait né d'un mariage secret de Louis XV et de Mme de Montmorency, et qui s'était appuyé de ce litre pour réclamer, en vue du recouvrement de ses biens, l'appui de l'Assemblée législative, présidée par Vergniaud*. D'autres demandes qu'il fit passer à l'Assemblée le 1*' février 1792, firent supposer assez justement qu'il avait perdu l'esprit' et dans la séance du 14 juin 1793, on relève encore celte note au Moniteur :
On lit une lettre du citoyen Crcqui-Montmorency qui offre à la patrie une somme de cinquante livres pour les frais de la guerre, demande qu*on fasse le procès à la ci-devant reine et qu'on donne un gouverneur à son fils ^.
Et il se proposait lui-même pour ces fonctions, comme on le voit par une aulre lettre où il déclare qu'en demandant le jugement de la reine, il voulait mettre un terme à sa captivité, et qu'en s'offrant comme gouverneur de ses enfants, il en voulait faire de « bons républicains \ »
On le prit à son domicile, rue Cocalrix, et on le logea à Saint-Lazare, d'où on l'envoya à l'échafaud.
2"* Le fameux baron de Trenck, qui fut d'abord, on le peut dire, l'enfant gâlé de Frédéric II; à dix-huit ans l'ami de ses hôtes, Voltaire, Maupertuis, Lamellerie, mais trop bien accueilli de sa sœur, la princesse
1. Séance du 13 novembre 1791, Moniteur du 15. 1 MonUeur du 2 féYricr 1702. * 5. Moniteur du 16 juin 1795. 4. 5 juillet 1703. Il signe : le trop infortuné Créqui-Uontinorency, domicilié rut Cocttrii n* (Moniteur du 14 juillet 1703).
132 CIIAP. XLVffl. — CONSPIR. DES PRISONS : SAINT-LAZARE.
Amélie, ce qui devint le commencement de ses disgrâces. Détenu dans la forleixîsse de Glatz, il s*en était échappé en sautant des remparts; puis, après diverses aventures, en Russie, où il avait pris service, en Autriche, où il était venu recueillir la succession d'un cousin, il avait été enlevé traîtreusement à Danlzig par des hussards prussiens, conduit à Berlin et enfermé à Hagdebourg, où il avait passé neuf ans dans une affreuse prison, faite tout exprès pour lui, chargé de fers, en proie aux tortures savamment combinées de la faim et de rinsomnic. Il en était sorti en 1763, et il avait voyagé tour à tour en France, en Angleterre, en Autriche ; il avait revu la Prusse en 1787. Ses sympathies pour la Révolution française, exprimées dans plusieurs brochures, ne pouvaient plaire ni à Berlin, ni à Vienne. Il revint en France en 1791, et sous la Terreur, comme il était Prussien, on le tint pour un espion du roi de Prusse, et on l'enferma à Saint-Lazare, prison plus douce que celle de Magdebourg, mais d'où il ne sortit que pour aller à l'échafaud.
Avec deux autres femmes de condition, Charlotte d'ARTiGNE, veuve Marron, et Jeanne-Marie Paume, veuve de Gautuier de Saint-Priest, on avait porté sur la liste Mme de Maillé : ce fut une autre, Louise-Élisabeth-Gabrielle Matht-Simon, veuve Mayet, que Ton prit à sa place. On l'interrogea sur les faits qui regardaient la première, et on la consolait après sa condamnation en lui disant : € Ce n'est pas tous qu'on voulait juger, mais c'est autant de fait^ autant vaut aujourd'hui que demain ^ » Dans les questions posées au jury, ce nom de veuve de
1. Déposition de Mme de Maillé au Procèê Fouquier, ii° 36, p. 1. — Diaoni pourtant que dtna eetle même fournée il y en eut un 27*, nommé Gonstenl, qui