‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 106 sur 451 · JEAN SAUNIER ET FÉLICITÉ ROGER · texte numérisé non relu

JEAN SAUNIER ET FÉLICITÉ ROGER

 la suite de ces interrogatoires les deux accusés furent renvoyés devant le tribunal révolutionnaire. Mais le tribunal donnerait-il satisfaction à la poursuite?

Le comité révolutionnaire de salut public et de sûreté générale de Loir-et-Cher ; qui venait d'éprouver la fermeté de caractère et la présence d'esprit de la supérieure, craignait qu'elle ne s'en tirât et le prêtre avec elle. Il écrit à Fouquier-Tinville :

Citoyen, Nous sommes informés qu'on fait, et à Blois et à Paris, mille démarches pour sauver Saulnier, prêtre réfractaire, du joli supplice de la guillotine qu'il a mérité, et la ci-devant supérieure, de l'Hôtel-Dieu de Blois. A Blois beaucoup de gens intriguent; à Paris, une foule de protecteurs assaillissent les juges du tribunal révolutionnaire. On assure même que le prêtre en sera quitte pour la déportation et la bégu'ue pour la peur. Nous ne croyons pas à un semblable fait, parce que le tribunal, qui s'est bien comporté jusqu'à présent ,ne voudroit pas se déshonorer dans cette affaire sur laquelle tous les patriotes de Blois ont les yeux ouverts, etc. *.

Ces craintes étaient mal fondées. Le comité se défiait trop de Fouquier-Tinville et du tribunal, Saunier fut condamné à mort et la supérieure à six ans ae réclusion et à l'exposition.

a Saunier, dit Du Lac, est monté à l'échafaud avec le même calme qu'il eût montré en montant à l'autel. À la sérénité de son visage, on eût dit qu'il pensoit que, prévenu de sa mort, averti de son supplice, l'Être suprême l'attendait dans le ciel1. *

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