‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 125 sur 451 · Bibliothèque nationale, Lb · texte numérisé non relu

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Et elle laisse à Danton le soin de défendre ses principes (4 juin 1795).

Danton pouvait ne pas accepter ce legs : mais ce qui fait peine, c'est de voir la malheureuse reniée, après sa mort, par cet héritier naturel qu'elle avait nommé dans son testament. On lit dans le compte rendu de la séance du 24 brumaire (Moniteur du 2G) :

Un secrétaire fait lecture d'une lettre d'Aubry, officier dans les armées de la République, fils d'Olympe de Gouges, condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire. Il envoie sa profession de foi sur cette femme. Il se plaint d'avoir été des titué par cela seul qu'elle lui avait donné le jour. Cependant il est loin de partager les opinions inciviques de sa mère ; et les preuves multipliées de son civisme, son sang versé en plusieurs circonstances, en sont la preuve. Il proteste de son dévouement à la République.

Merlin de Thionville demanda le renvoi de sa lettre au ministre de la guerre, afin de le rendre à ses fonctions, si la condamnation de sa mère l'avait seule fait destituer. C'était juste : mais cette lettre est un titre bien peu honorable à sa rentrée sous les drapeaux.

Ce fut sans doute l'affaire d'Olympe de Gouges qui remit en mémoire Mme deKoLLY, dont l'exécution avait été deux fois ajournée sous le prétexte qu'Olympe de Gouges venait d'alléguer en vain. Le même jour le tribunal ordonna une nouvelle visite des médecins, et le lendemain (14 brumaire), sur le rapport de Fouquier-Tinville, elle était livrée à l'exécuteur1.

C'est pour bien moins qu'Olympe de Gouges, c'est pour

1. Bulletin, ibid., n° 67, p. 268, et n° 71, p. 283. Voyez ci-dessus, t. I., p. 428 et 129.

MARJE-MADEtEIlSE COUTELEX. 475

une lettre trouvée chez elle, que Marie-Madeleirjje Coutelet, âgée de trenle-deux ans, comparaissait le 14 brumaire (4 novembre) devant le tribunal révolutionnaire1. Elle était à la tétc de la filature des Jacobins et y occupait un appartement au-dessus de sa sœur, la citoyenne Coutelet, veuve Neuvéglise. La veuve Neuvéglise avait été dénoncée comme étant en correspondance a vac Cologne2. Le comité révolutionnaire de la section Beaurepaire fit faire une perquisition chez elle. Les ^commissaires se trompèrent d'étage et montèrent chez Marie Madeleiae Coulclet. Elle leur dit qu'ils n'étaient pas chez sa sœur, mais les reçut néanmoins et leur offrit de visiter ses propres affaires. Ils y trouvèrent quatre lettres dont deux parlant de choses indifférentes; une troisième à elle adressée, a à la citoyenne Coutelet, chef de la filature de chanvre, rue Saint-Jacques, près la place Saint- Miehel, Reims, 28 août 1795, » par un citoyen Gastelier qui lui disait :

Vous ne doutez pas combien vous m'êtes chère; même notre enragée aristocrate, je ne désespère pas de la convertir et de la ramener tout doucement aux bons principes5.

La quatrième écrite par elle à sa tante QuicUeron, rue Montoison, à Reims, où on lisait ;

« Nous n'avons plus qu'à nous réjouir ; les Parisiens ont U&t d'esprit, que toutes nos affaires vont aller tout droit : ils se fêtent et font des xéjouissances, mais ils n'ont pas le Aalent d avoir du pain.... »

A. Archives, "W 293, dossier 212. Le Bulletin (n° 08) commet une erreur en l'appelant veuve Neuvéglise. Il la confond avec sa sœur que nous retrouverons plus tard.

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