Yoyei son interrogatoire, ibid., pièce
S. Wid,t pièce 3. 11 faisait sans doute allusion à la sœur, puisque c'est à Ma* deleine qu'il écrit*
176 CHAP. XVm. - 1" VENDÉMAIRE-14 FRIMAffiE.
Dans la même lettre, en parlant de la reine, elle écrivait :
«Vous savez que la reine aété conduite à la Conciergerie où elle est toujours, peut-être jusqu'à [ce] qu'on se porte aux prisons, et que nous la verrons malheureusement assassinée, car c'est bien la mauvaise intention des scélérats de Jacobins: tous les honnêtes gens craignent pour ses jours. Elle est d'un courage intrépide. »
Un peu plus loin elle allait jusqu'à ne point paraître faire grand cas des assignats, et elle en venait à dire :
« Ainsi voilà comment la Révolution nous fait du bien à tous l ! »
Voilà tout le corps du délit.
Mais comment une lettre adressée à sa tante qui demeurait à Reims se trouvait-elle chez elle? Car ce n'est pas une copie, comme le dit le juge dans son interrogatoire, c'est l'original : il est facile de s'en convaincre par la signature comparée à celle qu'y ajouta la prévenue, dans le recolement des pièces à sa charge. C'est que la lettre écrite par elle n'était jamais sortie de chez elle : et le fait n'est pas moins évident, la lettre qui a été pliée n'ayant été ni cachetée ni mise à la poste. Elle le déclara sans doute au Comité, qui, frappé de cette observation, et tout en l'envoyant à la Conciergerie, s'abstint de porter un jugement sur la pièce incriminée, pensant que ce n'était pas à lui de décider avec quelle intention elle avait été écrite, et que c'était à l'accusateur public d'en juger*. Elle le redit au juge,