TR1B. RÉ VOL. II
17$ CHAP. XVÏÏI. — 1" YENDÉMIÀIRE-Ii FRIMAIRE.
« Si c'est la loi qui l'ordonne, dit-elle, je m'y soumets. Vous connaîtrez peut-être mon innocence après1. »
La lettre de Marie-Madeleine Coutelet, quoi qu'il en ait été de son intention, était confidentielle et n'avait même pas été expédiée. Il n'en était pas ainsi des pièces pour lesquelles, le 22 brumaire, Louis-Henri Ducuesne, « ci-devant premier commis des bureaux de Trudaine, et depuis intendant de la ci-devant Madame » fui renvoyé, devant le tribunal. Mais le cas est peut-être plus révoltant encore".
Le 20 janvier,il avait adressé à la Convention nationale une pétition où il protestait contre la condamnation du roi. Après un éloge de Louis XVI, se tournant vers l'assemblée, il lui disait :
« Rougissez, législateurs, d'avoir admis parmi vous une multitude d'êtres qui en étaient exclus par leur immoralité connue, et qui n'ont cherché à venir en place que pour anéantir tout principe de morale et d'honnêteté, spolier l'État, hâter sa culbute....
Rougissez, législateurs, de vos forfaits, et lâchez de réparer la gloire et l'honneur du nom français, en innocentant un roi que vous avez illégalement condamné. Donnez au citoyen Dumouriez, actuellement à Paris, des ordres subits pour qu'il se mette â la tête de la garde nationale et qu'il empêche l'exécution d'un jugement que vous pouvez et devez renvoyer aux assemblées primaires. »
Au bas de la pétition était une prière à Roland de la présenter lui-même à la Convention, attendu qu'il lui avait déjà adressé une foule de mémoires dont elle n'avait
1. Bulletin, n*> 68 et 69, p. 271-274, et le Glaive vengeur, p. 127.