‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 129 sur 451 · HENRI DUCHESSE; BERTRAND POIRIER · texte numérisé non relu

HENRI DUCHESSE; BERTRAND POIRIER

pas tenu compte. Si par certains traits de ce factum on peut juger des autres, on serait en droit de s'expliquer pourquoi la Convention n'y prit pas garde : évidemment l'esprit de cet excellent homme ne paraissait pas en parfait équilibre. 11 en donna la preuve en une autre occasion. Le 6 août il s'était rendu chez Hérault de Séchelles, et après lui avoir présenté plusieurs brochures signées de lui, il lui proposa, les armées étrangères menaçant la France, de faire revenir au plus tôt les princes comme un moyen de paix et de conciliation. Hérault de Séchelles lui tourna le dos; mais on courut après lui, on l'arrêta, on saisit ses brochures. Dans le nombre il y avait une lettre à Garât, ministre de l'intérieur, en date du 4 juin précédent, lettre par laquelle il lui demandait d'être envoyé auprès des princes pour concerter avec eux le moyen de rétablir la paix1 . C'était son idée fixe. — On l'envoya devant le tribunal ; et le tribunal, prenant au sérieux ce pauvre insensé, le condamna à mort (22 brumaire, 12 novembre). Il fut exécuté le même jour.

Le lendemain 23 brumaire (15 novembre), même accusation, mais dans des circonstances plus sérieuses. Il s'agit d'un homme de loi de Chinon, Bertrand Poirier, âgé de soixante-huit ans, dénoncé par un de ses concitoyens comme détournant les jeunes gens de s'enrôler, et déféré au tribunal révolutionnaire par les commissaires du département d'Indre-et-Loire.

On avait trouvé chez lui :

1° Le brouillon d'une réponse en forme de consulta-

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