‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 140 sur 451 · LOUISE RICARD, VEUVE LEFEBVRE · texte numérisé non relu

LOUISE RICARD, VEUVE LEFEBVRE

contraires au recrutement ou tendant au rétablissement de la royauté, à la dissolution de la Convention nationale, à l'avilissement des autorités constituées, fût-ce d'un simple village : la peine était la mort. Donnons-en quelques exemples.

Le 23 septembre, Antoine Masson, curé constitutionnel dcSainl-SerninduPlain (Saônc-et-Loire), accusé par ses paroissienset déféré parle déparlementau tribunal révolutionnaire pour avoir détourné les jeunes gens du service militaire ; — dit que l'Assemblée nationale n'était composée que de voleurs; — méprisé sa municipalité ; — refusé dans une procession l'escorte de quatre gardes nationaux dontil estdit,il est vrai, qu'ils étaient ivres. Envain, pour prouver son civisme, allégua-t-il qu'il avait élé un des premiers à acquérir des biens nationaux *. On lui demanda de quel argent, ayant neuf cents livres de revenus par sa cure, il achetait des biens nationaux? L'audience fut une lutte où le pauvre curé eut à soutenir l'assaut de dix témoins conjurés contre lui. Il ne pouvait que succomber \

24 septembre. Louise-Catherine-Angélique Ricard, veuve Lefebyre, belle-mère de Pétion, était prévenue « d'avoir applaudi à l'évasion du ministre Lebrun en disant : « Tant mieux ! il ne faut pas désirer le sang » ; d'avoir déclaré que lesBrissotins et les Girondins étaient de bons républicains — « Oui, lui avait répondu son interlocuteur, quand la hache nationale leur aura tombé sur le cadavre à tous ; » — d'avoir dit, lorsqu'on vint lui annon-

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