A. DESCHAMPS, J. LEPAGE, A BROUSSE
écus de six livres et qu'il les baisa en plaignant le sort du cidevant roi qu'il appeloit « Mon pauvre Capct1. »
C'étaient actes et propos d'ivrogne. Dans son interrogatoire, il dit qu'il était ivre, qu'il ne se souvenait de rien8.
On pouvait le croire oublié depuis trois mois dans la prison. Sa pauvre femme, que cet emprisonnement réduisait, elle et ses deux enfants, à la misère, crut obtenir sa mise en liberté en adressant à Fouquicr-Tinville la lettre suivante :
Au citoyen accusateur public.
Citoyen,
C'est une mère de famille qui se présente devant vous, qui réclame votre bienfaisance, votre humanité.
Femme de Brousse, garçon serrurier, détenu à l'Abbaye depuis trois mois, [j'] implore voire miséricorde pour qu'il vous plaise d'examiner l'affaire qui l'a livré à votre jugement.
Quelques propos que l'ivresse lui a suegéré et auxquels il a été poussé par l'instigation de ses camarades sont cause des délits dont on l'accuse, délits qui, pesés dans votre sévère justice, ne peuvent être regardés comme intenlionels.
Citoyen, Brousse n'a que son état pour vivre et faire exister une femme et deux enfants, qui n'ont plus de pain. Lui-même est dénué de tout et dans l'accablement du désespoir.
Ayez égard, citoyen, à la pausition de quatre infortunés qui, heureux par le travail d'un seul, sont aujourd'huy dans la plus affreuse misère.
Brousse n'a jamais été un mauvais citoyen. Son crime véritable est de s'être enivré, ses sentiments sont ceux d'un vray républicain.
Ayant obtenu la liberté son existance n'est pas douteuse et