‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 153 sur 451 · JEAN AUBRY, SÉBASTIEN MAUDITT · texte numérisé non relu

JEAN AUBRY, SÉBASTIEN MAUDITT

Il le nie; il était attaché à la République, et il en donne pour preuve que ses camarades de Coulommiers l'ont maintenu dans son grade de sergent-major.

Il répéta probablement ces explications devant le tribunal, dont le bulletin nous fait défaut depuis le 8 frimaire. Elles ne furent pas mieux accueillies que dans l'instruction.

« Aubry, dit Du Lac, en recevant sa sentence, s'est livré à des murmures et à des menaces contre le tribunal qui venoit de le juger; mais bientôt les applaudissements du peuple et les cris répétés de Vive la Nation I Vive la République! ont couvert sa voix et empêché d'entendre ce qu'il disoit *.»

Le même jour, Sébastien Mauduit, marchand de vin traiteur du boulevard Poissonnière, était accusé d'avoir mal parlé de la première réquisition et manifesté l'intention, s'il en faisait partie, de passer aux Vendéens. Voici comment dans son interrogatoire il expliquait la chose :

R. Qu'un citoyen qu'il croit être portier d'une maison voisine, lui ayant dit qu'il falloit armer tous les b.... d'aristocrates et les faire marcher à la Vendée, lui répondant lui dit qu'il seroit dangereux d'adopter son plan, vu que ces aristocrates n'étoient pas pour la République ; que par comparaison il lui dit : Mais supposons que je sois aristocrate et qu'on me fasse partir, ne pourrois-je pas passer de l'autre côté1?

L'explication ne fut accueillie ni du juge instructeur ni du tribunal.

c En entendant prononcer son jugement, Mauduit s'est écrié trois ou quatre fois avec l'accent du désespoir : Je

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