‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 157 sur 451 · LES COMPLICES DE ROUGEVILLE · texte numérisé non relu

LES COMPLICES DE ROUGEVILLE

plusieurs étaient vrais peut-être, dont le bruit au moins était répandu.

Moelle a fait plus tard l'aveu de ces relations en ce qui le concerne, dans un écrit précieux à consulter, — Dangé avait mille prévenances pour le jeune Capel (Louis XVII). Le juge lui demanda s'il était vrai qu'il le menât promener sur la terrasse de la tour ; s'il lui avait dit : « Je voudrois bien vous voir à la place de votre père » ; s'il l'avait embrassé, s'il avait concerté avec Toulan un projet d'évasion pour Marie-Antoinette et pour madame Elisabeth1. — Michonis, l'introducteur de Rougeville à la Conciergerie, protestait qu'il ne le connaissait pas ; que soit en cette prison, soit au Temple, il n'avait jamais vu Marie-Antoinette qu'en présence des gendarmes*. — La veuve Dulilleul, chez qui logeait Rougeville, avait assisté, chez Fontaine, à un dîner où la visite à la Conciergerie avait été convenue ; elle fît à ce propos celte déclaration :

Je me rappelle bien qu'à ce dîner quelqu'un dont j'ai dit le nom au Comité de surveillance, à ce que je crois, dit à Michonis : « Marie-Antoinette doit être bien changée et doit bien fumer. » A quoi Michonis a répondu : « Mais elle est assez sans souci ; elle n'est guère changée, mais elle a les cheveux presque blancs. »

Tous échappèrent pour le moment (29 brumaire, 19 novembre), mais Michonis sera gardé : nous le retrouverons avec Dangé dans la journée des Chemises rouges, et Toulan, dont il a été question plus haut, un peu plus tard (12 messidor).

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