‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 159 sur 451 · Voy. ci-dessus, p. 2 et suiv · texte numérisé non relu

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aussi, avait été proclamé révolutionnaire, à la suite du rapport de Saint-Just, le 19 du premier mois. Restait à mettre l'organisation tout entière du pouvoir en rapport avec le nom. C'est ce que le décret du 19 du premier mois promettait, c'est ce que le décret du 14 frimaire accomplit : et dès lors, gouvernement et tribunal, unis sous la même qualification dans Faction comme dans la pensée, vont s'enlraînant dans la voie où après avoir fait périr bien du monde, ils ne peuvent manquer de périr eux-mêmes.

Comme le décret du 19 du premier mois appelait celui du 14 frimaire, le rapport de Saint-Just trouva son complément dans le rapport de Billaud-Varennes, qui n'élait pas indigne de figurer entre Saint-Just et Robespierre1 dans la constitution de la Terreur. Avant de proposer le cadre du gouvernement nouveau, Billaud-Varennes indique l'esprit qui doit l'animer, la force qui le fera mouvoir, et par suile le surcroît de rigueur qu'il attend du tribunal révolutionnaire, sa grande et fatale machine :

Citoyens, disait-il, dans la séance du 19 du mois dernier (vendémiaire) vous avez jeté les bases d'un gouvernement préparatoire et révolutionnaire. 11 vous manque encore le complément de cette mesure. H vous manque la force coactive qui est le principe de l'existence, du mouvement et de l'exécution.

Il est une vérité qu'il faut dire ici. Deux écueils accompagnent l'enfance et la vieillesse des républiques. C'est l'anarchie qui, à leur origine, devient inséparable de leur faiblesse; c'est encore l'anarchie qui ramène le relâchement dans leur décrépitude et qui, trop prolongée, reconduit insensiblement à l'esclavage.

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