Papiers trouvée chez Robespierre, t. Il, p
32 CHAP. Xm. — LE DUC D'ORLÉANS.
Derniers moments du condamné.
Ceux qui pardonnent le moins au duc d'Orléans ses actes révolutionnaires rendent hommage à la fermeté qu'il montra après son jugement.
« Il parut, au moment de sa condamnation, dit Beaulieu, avoir repris le caractère qu'un Français aime à retrouver dans un descendant d'Henri IV. Je l'ai vu traverser les cours et les guichets de la Conciergerie après son jugement. 11 était suivi d'une douzaine de gendarmes qui l'entouraient le sabre nu, et je dois dire qu'à sa démarche fière et assurée, à son air vraiment noble, on l'eût plutôt pris pour un conquérant qui commande à ses soldats que pour un malheureux que des sbires conduisaient au supplice \ »
On a parlé d'une sorte d'orgie où le prince, le jour de son jugement, aurait cherché à noyer ses soucis dans le vin. J'ai rapporté plus haut les détails authentiques donnés par Gamache sur les commencements de cette journée. Voici ce qu'il dit de ce dernier repas :
c II était près de deux heures ; je fis demander le dîner et fus obligé de renouveler ma demande plusieurs fois. Je demandai au garçon de la prison quelle était la raison pour laquelle le dîner avait été si longtemps à venir : il me répondit que le citoyen Orléans serait jugé sans désemparer. Je mis le dîner sur le poêle pour le tenir chaud.
« J'ai lu, après être sorti delà Conciergerie, ajoute-t-il, que Monseigneur avait étéjugéavant 2 heures etque Tonne