Archives, W 302, dossier 351, pièce
2. Voyez son interrogatoire par Dobsent et l'acte d'accusation, ibid, pièces 14 et 16.
S. Ibid., pièce 16 (déclaration du jury).
UN FÉDÉRALISTE, N.-R. LESURE. 251
été en correspondance avec un prêtre qui lui disait : c Les biens du clergé payeront les pots cassés. — A la bonne heure, pourvu que la religion revienne1. » Il espérait donc que la religion reviendrait. De plus, il avait été envoyé comme député extraordinaire de son district, à rassemblée tenue le 14 juin à Châlons, au sujet des graves événements qui s'étaient accomplis les 51 mai et 2 juin, à Paris.
Yoici comme il rendait compte à ses commettants des premières résolutions de l'assemblée : c'est un aperçu de la résistance qui se préparait dans les départements;
Citoyens officiers municipaux, nous nous empressons de vous donner des nouvelles de ce qui s'est passé dans la première séance de rassemblée convoquée par le département. Quand tous les membres ont été réunis, il a été fait lecture des arrêtés pris, sur les derniers événements arrivés à Paris, par les déparlements de la Mayenne, des Côtes-du-Nord, de la Côte-d'Or, du Finistère, du Morbihan, de la Drôme, de l'Illect-Vilaine, du Calvados, de la Charente, de la Gironde, de la Loire-Inférieure et de la commune de Rennes.
Tous ces départements sont indignés des violences faites à la Convention pour mettre en arrestation les membres dénonces par la Commune de Paris, mais sans avoir fourni aucuns faits, comme vous le savez. Ils sont tous d'avis d'entretenir une correspondance à l'effet de sauver la chose publique, de maintenir l'unité et l'indivisibilité de la République, l'unité et l'indivisibilité de la représentation nationale, de demander la liberté des députés mis en arrestation, de former une force départementale, de la faire marcher à Paris pour rendre à la Convention la liberté dans ses délibérations, si la Convention n'avoit point égard aux représentations des départements.
1. Archives, W 302, dossier 333, pièce 16 (acte d'accusation).
252 CittP. XIX. - LE GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE.
D'après la connoissance de ces faits, l'assemblée a cru devoir prendre l'arrêté cy-joint, afin qu'on ne pût jeter aucuns soupçons sur l'objet de la convention, arrêté qui aura la plus grande publicité.
A fur et mesure qu'il sera pris des arrêtés, nous vous en rendrons compte.
Nous sommes, concitoyens, avec fraternité,
Vos concitoyens.
Signe : Lesure (qui a écrit la lettre), Hacssar f .
Celte lettre témoignait assez des sentiments qu'il partageait lui-même; et quand le juge Dobsent la lui représenta dans son interrogatoire, le 11 frimaire (1er décembre), il allégua en vain que c'était un récit et non un acte d'adhésion*. On lui reprochait en outre d'avoir donné ordre d'afficher, le 9 juillet, une adresse au roi à l'occasion de la violation des Tuileries au 20 juin5, et d'avoir fait mettre en liberté un jeune homme qu'on lui signalait comme étant sur la liste des émigrés \ Sa condamnation ne pouvait faire l'objet d'un doute.
Le 28 (18 décembre), deux prêtres : Jean-Marie Lecomte et J.-B. Peyre, ci-devant curé de Noisy-le-Grand, district de Gonesse.
Lecomte, n'ayant point prêté serment, se trouvait sujet à la déportation, selon la loi que l'on a vue. On l'arrêta à Aulun où il résidait,le 14 septembre 1793. Mais comme on le trouva porteur d'une bague ayant celte inscription : Domine salvos fac regem et reginam, on le renvoya devant le tribunal révolutionnaire de Paris. Voici Tinter-