‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 186 sur 451 · Archives W 302, dossier 339, pièce · texte numérisé non relu

Archives W 302, dossier 339, pièce

L'ACCUSATEUR PUBLIC COUVEY. 261

certificat de résidence non interrompue jusqu'à ce jour sur le territoire de la République non envahi, ses biens seraient séquestrés et vendus1; c'était presque lui signifier cette séquestration, puisqu'il était notoire qu'il avait résidé à Iwuy, où l'ennemi s'était montré. Ce fut même là qu'il fut arrêté, l'ennemi étant en présence. Le fait est constaté dans une déclaration des mêmes administrateurs (22 octobre 1793) où il est dit que, dans ses fonctions d'accusateur public, il n'avait jamais donné aucune preuve de civisme; qu'au contraire, il n'avait usé de son autorité que pour opprimer les bons citoyens1; et ils consignèrent au registre de leurs délibérations le résumé de toutes les charges amassées contre lui, en opinant c qu'il fût jugé selon toute la rigueur des lois qu'il avait enfreintes avec tant d'audace » (4 brumaire, 26 octobre) 3.

Couvey s'empressa de réunir les attestations de ceux qu'il avait connus à Iwuy : du maire, des officiers municipaux, etc., et il les adressa au directoire du déparlement du Nord \ On y certifiait qu'il était allé dans ce village pour rétablir sa sanlé, et que, quand les ennemis avaient paru, il s'était caché et n'avait eu aucun rapport avec eux. Mais cela n'empêcha pas le procureur syndic du département de le renvoyer, comme coupable d'intelligences avec l'ennemi, devant le tribunal révolutionnaire5. Ordre fut donné de le transférer à Paris dans une charrette, de brigade en brigade 6, et le 6 frimaire il fut in-

Page 1