CHAPITRE XX
Débats sur l'extension à donner au tribunal révolutionnaire et sur les suspects. (5 et 6 nivôse.)
La Convention venait d'établir le gouvernement révolutionnaire1. Une vingtaine de jours après (5 nivôse, 25 décembre), Robespierre jugea utile d'en exposer plus au long les principes ; et cela se rattache directemehl à notre sujet : car c'était, au dire du Moniteur, un « rapport sur une demande de l'accusateur public près le tribunal révolutionnaire, relativement à l'ordre à suivre pour les jugements de conspiration1 ».
Le rapport de Robespierre proclamait hautement les maximes d'un parti qui n'a jamais compris la liberté que pour lui-môme, et qui en toute sûreté de conscience pratique la tyrannie comme seul moyen d'en asseoir les fondements. Il y avait une constitution, la plus libre, disons mieux, la plus anarchique dont on ait pu se faire une idée. Aussi l'avail-on mise soigneusement en réserve. L'heure n'en était pas venue : Saint-Just l'avait dit, Robespierre le répète :
Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver