‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 20 sur 451 · Archives, W 294, dossier 227, pièce · texte numérisé non relu

Archives, W 294, dossier 227, pièce

Arrêtée le 1er juin et éciouée à l'Abbaye, elle avait protesté contre son arrestation. On la relâcha au bout de quelques semaines, mais ce fut pour la reprendre aussitôt comme elle rentrait chez elle, et elle fut alors écrouéc, non à la Force, comme le dit M. Campardon (t. I, p. 309), mais à Sainte-Pélagie. Elle écrivit i Lauze Duperret ce billet :

c On paraît me faire sortir de l'Abbaye. Je crois revenir chez moi ; avant d'y « entrer, on m'arrête pour me conduire à Sainte -Pélagie. Qui sait si de là je ne « serai pas conduite ailleurs? Ne m'oubliez pas. i (Archives, y7 294, dossier 227, pièce 3.)

Et sur le livre d'écrou de Sainte-Pélagie on lit :

c Ordre du comité de sûreté générale et de surveillance de la Convention c nationale,

Le lendemain, 11 brumaire, elle était interrogée par le juge David, en présence de Lescot-Fleuriot, substitut de l'accusateur public. La minute en existe dans son dossier * ; et elle-même en a fait dans ses Mémoires * un récit qui rend la vie, et son vrai caractère en même temps, à la scène reproduite en résumé par le greffier :

On me fait d'abord, dit-elle, de longues questions sur ce qu'était Roland avant le 14 juillet 1789; qui étoil maire à Lyon lorsque Roland fut municipal? etc. — Je satisfais à ces questions par l'exact exposé des faits ; mais je remarquai dès là même qu'en me demandant beaucoup de choses, on n'aimoit pas que je répondisse avec détails. Après quoi, sans transition, Ton me demanda si, dans le temps de la Convention, je ne voyois pas souvent tels députés, et Ton

« Le 25 juin 1793,

« Marie-Jeanne Piiilipox (c*est Phlipon que son nom' doit s'écrire ; c'est ainsi « qu'elle l'écrit), femme Roland, ex-ministre, âgée de 39 ans, native de Paris, « demeurant rue de la Harpe, n° 51 ,

« Taille de cinq pieds, cheveux et sourcils châtain foncé, yeux bruns, nez « moyen, bouche ordinaire, visage ovale, menton rond, front large. »

On y renvoie i la page 87, où se trouve en effet un premier écrou avec cette indication du motif :

« Comme femme suspecte, aux termes de la loi. »

Et à la page 88 :

« Ledit ordre motivé d'après la lettre trouvée chez l'ex-ministre Rolland, la « fuite de son mari, la suspicion de la complicité avec lui et la notoriété de a ses liaisons avec des conspirateurs contre la liberté, et la clameur qui s'élève « contre elle, i

Puis :

« Du 10* jour du 2- mois, appelé brumaire, de l'an II* de la République ; «c transférée à la Conciergerie par moi Jacques Hervé, huissier-audiencier audit « tribunal, i

On peut comparer à son signalement donné plus haut une miniature qui est au Musée des Archives (vitrine 2k20) qu'on n tout lieu de croire le portrait de lime Roland ; elle appartenait sans doute à Buzot et se trouvait avec les papiers des Girondins remis à Mme Bouquey.

1. W 294, dossier 227, pièce %29. Nous la reproduisons en amendice à la fin de ce volume, n* II. En comparant ce texte à son récit on pourra voir combien sa mémoire est fidèle.

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