‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 200 sur 451 · CARTE DE SURETE · texte numérisé non relu

CARTE DE SURETE

Le citoyen Julie* Dervillier, bourgeois, demeurant faubourg Bourgogne, n* 70,

âgé de 67 ans, taille cinq pieds trois pouces, cheveux et sourcils blancs, jeux

gris, nez aquilin, bouche moyenne, menton rond, front ordinaire, visage plein.

Délivré en la section de Saint- Vinccn', à Orléans, le 11 novembre 1792,

l'an premier de la République.

Signé : Carré, président, Gilrert, secrétaire.

J. Dervillé.

Archives nationales, W 303, dossier 345, pièce 30.

à se déguiser même. Il prenait des vêtements de femme : moyen presque infaillible de se trahir, pour un homme qui veut se cacher. Un individu attaché au spectacle, le voyant regarder l'arbre de la liberté, lui trouva des allures suspectes. Il lui fit une question insignifiante à laquelle Dervillé répondit : sa tournure l'avait fait soupçonner ; sa voix le dénonça. On l'arrêta (6 frimaire, 26 novembre), on le conduisit à la municipalité, où il déclara qu'il était prêtre. Sous son vêtement de femme il avait d'ailleurs ses habits d'homme. On le fouilla et on le trouva porteur, dit le procès-verbal, « de toutes les ressources de la superstition et du fanatisme *:

Interpellé de déclarer s'il n'avait rien sur lui, il retire quelques papiers qui ont été enveloppés pour être lus, un chapelet auquel sont attachées deux médailles, un sac contenant une boîte d'argent et une petite bourse, une petite boite ronde pleine de pain enchanté, un cordon auquel sont attachés une grosse croix d'argent, un cœur d'argent, un reliquaire en cristal, un autre en espèce d'émail, une bague d'argent,, sur le chaton une vierge, un cachet portant armes fleurdelisées, un petit reliquaire vide, un cordon blanc de Saint-François, et un couteau1. »

Il avait refusé d'abord de dire où il demeurait; mais on ne tarda pas à savoir qu'il avait logé chez une demoiselle Menou et qu'il habitait actuellement chez une demoiselle Marie-Anne Poullin, ancienne religieuse, qui avait reçu cinq autres religieuses dans sa maison. On ne retrouva pasla demoiselle Menou, mais on arrêta la demoiselle Poullin *, Marguerite Besnard, sa domestiquent les cinq religieuses qu'elle hébergeait chez elle.

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