Séance du 6 dîtosc (28 décembre 1793). Moniteur du
Le jésuite Dcrvillé.
Les mois d'hiver où l'on entrait allaient être bien employés par le tribunal, et dès le mois de nivôse plusieurs noms fameux vinrent, entre beaucoup d'autres, se joindre à ceux qui étaient visés dans le décret du 5 proposé par Robespierre.
Dès le 1er nivôse (21 décembre 1793) on trouve un accusé qui ne rentrait pas dans cette catégorie, mais dont la classe était toujours à l'ordre du jour du tribunal : le jésuite Julien Dervillé1, prêtre insermenté, comme on le peut croire. Il entraînait avec lui sur les bancs des accusés six religieuses et une pauvre servante, coupables, disait-on, de projets contre-révolutionnaires, d'intelligences avec les ennemis de la. République, et notamment avec les brigands fanatiques de la Vendée.
Dervillé était un prêtre qui remplissait les devoirs de son ministère en dehors du cadre où la Révolution avait entendu le renfermer, quand elle le tolérait encore. Il en était donc réduit à se cacher, à prendre une fausse qualité1,
1 . Il signe Dervillé sur sa carie de sûreté et sur son passeport (Archives, \V 305, dossier 345, pièces 20 et 30), les seules pièces où l'on ait » signature, car il ne signe pas les lettres qu'on a de lui et il refusa de signer ses deux interrogatoires.