‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 223 sur 451 · LE PRÊTRE VANCLEEMPUTTE, L. LEROY ET F. MORT. 5Ô · texte numérisé non relu

LE PRÊTRE VANCLEEMPUTTE, L. LEROY ET F. MORT. 5Ô

Quant à la jeune fille, elle exprime son étonnement de se voir détenue encore, quand tous les aulres locataires de la maison ont été mis en liberté, excepté la femme Leroy.

On lui demande si Vancleemputte disait la messe et administrait les sacrements? — Oui.

Elle déclare « qu'elle a assisté deux fois à la messe ; qu'une fois elle a reçu la communion, après s'être confessée une fois auprès de lui *.

Et elle ajoute :

Qu'elle y a été de sa propre inclination sans suggestion de la part de personne ; et d'après la liberté des cultes décrétée et sanctionnée parla nation, elle a cru pouvoir, sans se compromettre et d'après son opinion religieuse, pouvoir profiler de ces trois objets du culte catholique.

Le prêtre Vancleemputte, dans son interrogatoire, invoqua le même droit :

Je n'avois, dit-il, aucune mauvaise intention : je croyois pouvoir m'auloriser de la liberté des cultes1.

Mais on lui représenta un petit papier cacheté ayant pour souscription : Marie- Antoinette. Sang de Louis XVI; et Fouquier-Tinville ne négligea point un tel fait dans son acte d'accusation :

Qu'il paroît que ledit prêtre metloit ce paquet au nombre de ses reliques et qu'il s'en servoit pour faire regretter aux citoyens qu'il fanatisoit et le tyran et le despotisme.

Le jury était sans pitié pour un crime de celte sorte. Quant à la femme et à la jeune fille, leur courageuse confession ne leur nuisit pas.

Le président lui-même introduisit pour chacune d'elles,

1 . Elle était dans la maison comme apprentie depuis quinze jours. % Archives, W 306, doss. 374, pièce 4.

dans les questions posées au jury, cette question qu'il ne

se donna pas la peine de faire pour le prêlre :

L'a-t-elle fait sciemment et avec des intentions criminelles et contre-révolutionnaires ' ?

C'était évidemment provoquer une réponse négative.

Le prêtre seul fut condamné à mort*.

2° Henriette-Louis-Charles de Faverolles, âgé de trente-six ans, ex-noble, ancien militaire, puis ecclésiastique, non sans esprit de retour à l'armée : car on le voit commissaire des guerres et aide de camp de Dumouriez pendant que le général était au ministère des affaires étrangères (2 mars 1792) ; ensuite inspecteur général des fourrages près l'armée des Pyrénées-Orientales; et avec lui Agathe Jomvet, femme divorcée de Zacharie Bareau, qui avait pris le nom de veuve Crécy pour se soustraire, comme elle le dit, aux recherches de son mari et se livrer avec plus de facilité au petit commerce qu'elle faisait3. Faverolles et la veuve Crécy se traitaient de frère et de sœur et dans leurs relations publiques et dans leur correspondance intime aussi, mais d'une façon beaucoup plus (endre. Dumouriez disait dans une lettre à Faverolles : « Mes respects à votre sœur » ; et cette sœur écrivait à ce frère : « Reviens donc, mon cher frère, je ne puis vivre sans toi. Adieu, mille baisers1. »

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