‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 228 sur 451 · COMITÉ DE SURVEILLANCE RÉVOLUTIONNAIRE DE LA SECTION DES TUILERIES · texte numérisé non relu

COMITÉ DE SURVEILLANCE RÉVOLUTIONNAIRE DE LA SECTION DES TUILERIES

Cejourdhuy 28e jour du 1er mois de Tan 2e de la République Françoise une et indivisible,

Est comparu devant nous, commissaire dudit Comité, le citoyen Nicolas-Mayeul Second, caporal de la 5e compagnie de la section des Tuileries, de garde au poste de la Conférence, lequel a conduit devant nous une citoyenne en nous déclarant que la dite particulière étoit assise sur une pierre auprès du corps-de-garde; qu'il s'est placé près d'elle et que dans la

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conversation elle a dit au déclarant qu'elle ne pouvoit survivre au supplice de la reine, qu'elle venoit dans l'intention de se faire guillotiner; que le déclarant lui a exposé que c'ctoit une folie insigne, et que ce ne pouvoit être, ou de quelque désespoir particulier; que la particulière a dit persister dans sa résolution et que la vie étoit un opprobre, — et qu'après cette déclaration et la réquisition de la dite particulière il a cru de son devoir de l'amener par devant nous et a signé.

Signé : Second1.

On interrogea la jeune fille. Elle dit qu'elle s'appelait Esther Moret, âgée de vingt-trois ans, native de Calais, ci-devant au service d'une des dames d'honneur de l'archiduchesse d'Autriche ; qu'elle était arrivée depuis trois semaines à Paris. C'est à l'âge de sept ans qu'elle avait quitté Calais avec celle qui l'attacha depuis à sa personne et qui alors l'emmena à Londres, puis en Brabant.

Le comité de la section en avait appris assez pour voir que l'affaire mettait en grand péril la malheureuse jeune fille. Il parut pourtant touché de son étal. La résolution qu'il prit en garde la trace :

Le Comité, délibérant de la déclaration et l'interrogatoire ci-dessus, arrête qu'Ester Moret sera mise sur-le-ehamp en état d'arrestation, et attendu que la dite particulière paroît être dans la plus grande misère et n'avoir la liberté d'esprit nécessaire pour répondre actuellement plus précisément aux interrogatoires à elle faits, ordonnons qu'elle sera placée dans une maison convenable et sous la garde d'un patriote pour recevoir tous les soins que son état présent exige.

Signé : Bagduin, etc.

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