‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 229 sur 451 · Vf 306, dossier 376, pièce · texte numérisé non relu

Vf 306, dossier 376, pièce

Puis :

Le Comité, attendu qu'il est deux heures après minuit et qu'il n'a pas été possible de trouver en ce moment un lieu convenable pour y placer Ester Moret, arrête que la dite Ester Moret restera sous la garde et surveillance de l'un de ces commissaires-adjoints, jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné.

29e jour du 1er mois1.

On sut bientôt pourquoi elle était venue à Paris. A l'époque du procès de la reine, un marquis de Buslot ou de Bruxellot, natif de Nancy, avait été envoyé par la sœur de Marie-Anlainelte, l'archiduchesse d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, pour voir quelles étaient les dispositions des esprits en France, et la jeune fille avait été chargée de l'accompagner.

Cela rendait son affaire plus grave.

Le Comité de sûreté générale la renvoya devant le tribunal révolutionnaire.

Au juge David, délégué pour l'interroger, elle raconta sans détour comment elle était venue à Paris et s'y était vue abandonnée par son compagnon :

Qu'étant venue avec lui à Paris sous l'habit d'homme, ils furent ensemble dans un café près les Élizées, le lendemain de l'exécution de la veuve Capet; que Bruxellot la quitta brusquement sans lui faire part de l'endroit où il alloit ; qu'après l'avoir attendu dans ce café une demi-heure et plus, voyant qu'il ne revenoit pas, elle s'est inquiétée à un point qu'elle quitta le café sans savoir où elle alloit,... perdit la tête. — Après avoir passé la nuit dans les Champs-Élisées, arrivée a ce corps de garde dans le désespoir où elle étoit, elle dit aux

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