‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 233 sur 451 · LE JEUNE CUST1NE · texte numérisé non relu

LE JEUNE CUST1NE

D. Quelles sont les fonctions militaires qu'il a remplies dans Tannée alors commandée par son père ?

R. Qu'il a rempli les fonctions d'adjudant général surnuméraire, et qu'il a été quelquefois chargé de la rédaction de quelques correspondances de son père avec les ministres ou les généraux et les Comités.

Dans les premiers jours de janvier 1793, son père l'avait envoyé près du Comité de défense générale, pour y faire prévaloir son plan de campagne sur celui de Du mouriez. Il n'avait pas été envoyé pour cela ; mais revenant pour sa santé, il avait été chargé de celle commission. Il ajoutait que dès lors il n'était plus sorti de Paris, sinon pour aller passer quelques jours à la campagne.

On lui demanda ensuite s'il avaitentretenu dès lors des correspondances avec son père, et quel en était l'objet ?

Il répondit affirmativement :

Que son père lui adressoit quelquefois des doubles de sa correspondance avec les ministres pour les Comités, le chargent de solliciter et presser l'expédition des affaires1 ; que de . sou côté sa correspondance étoit purement filiale, et qu'il a communiqué à son père les soupçons qui s'élevoient dans l'opinion contre lui ; que son père ne lui a jamais rien répondu sur ces objets, du moins en détail.

On en vint alors à la fameuse lettre surprise et livrée par Vincent.

A lui 'présenté une lettre datée Paris 15 au soir, sans signature, et interpellé de déclarer si elle est de lui.

R. Qu'il reconnolt cette lettre pour avoir été écrite de sa main et adressée à son père dans le courant de juillet, à Cambrai.

!• Il y en a (race dans les Registres du Comité de salut public, 12 et 19 avril H% (Archives AF n, 45f p. 111 et 133).

D. Quelle étoit la lettre que son père lui avoit adressée par un courrier?

R. Qu'il Ta déposée au Comité de sûreté générale.

D. Quels étoient les projets et les démarches de son père dont il est fait mention dans cette lettre?

R. Qu'il étoit question de sa démission, que lui répondant croyoit devoir être exposée et motivée.

D. S'il a connu les intelligences de son père avec les ennemis de la République, et les moyens par lui employés pour l'exécution de ses projets contre la liberté et la sûreté du peuple ? s'il y a participé ?

R. Qu'il n'a connu ni de tels projets ni de tels moyens, et qu'il n'a participe à aucun de cette nature.

D. S'il a un défenseur?

Le sens de la lettre du 13 juillet n'était obscur que pour ceux qui fermaient résolument les yeux à la lumière, et l'interrogatoire n'avait rien fourni de plus. Mais c'était un jeu pour Fouquier-Tinville que de tirer de rien un acte d'accusation foudroyant, et à Dumas d'embrouiller les causes les plus claires.

Le jeuneCustine comparut le 1 4 ni vôse (3 janvier 1 794) devant le tribunal. Pas d'autre témoin au procès que Vincent, secrétaire général de la Guerre. On lut des pièces en grand nombre1. Le fils du général était accusé de relations coupables avec la cour de Berlin et de complicité dans les trames de son père. Pour les relations avec Bergy:, -lin, on prétendait les établir par une mission qu'il avait reçue auprès du prince de Brunswick. Dans la lettre où il rendait compte des dispositions du prince-gcnéral, il parlait de ses prétentions au trône de Pologne. Au cours des débats, Dumas lisait de manière à faire croire qu'il

i. Elles sont indiquées au procès-verbal d'audience (Archives, îfrûf., pièce 8) mais ne sont pas restées au dossier, sauf la lettre du 13 juillet.

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