‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 234 sur 451 · LE JEUNE CUSTINE · texte numérisé non relu

LE JEUNE CUSTINE

s'agissait du trône de France. Quant à la trahison de Custine, le jeune officier osait dire que son père n'avait jamais eu d'autre dessein que de bien servir la République. Hais la trahison de Custine était passée en axiome depuis que tant de généraux étaient morts comme étant ses complices; et de quel front le fils du général eût-il renié sa complicité? « 11 est impossible, dit Dumas, il est contraire à la nature des choses qu'un fils tel que vous, habituellement eu correspondance avec son père, ne soit pas son complice. »

Ce langage excita un beau mouvement de Chauveau- Lagarde, défenseur de Custine :

« Quoi! s'écria-l-il, il est conlraire à la nature des choses qu'un fils ne soit pas complice de son père? Quelle jurisprudence affreuse ! J'irai plus loin; et quand même l'accusé aurait été instruit des desseins d'un père coupable (car le général doit l'être sans doute, puisque vous l'avez condamné), je le demande ici : un (ils doit-il dénoncer son père? Où serait donc la piété filiale, la première des vertus? Où seraient les mœurs qu'on cherche à régénérer l ? »

Paroles qui furent bien accueillies de l'auditoire, favorablc cette fois au jeune officier. Mais si, comme le disait le défenseur, il suffisait d'être condamné pour qu'on fût réputé coupable, les juges avaient un moyen facile de joindre le fils au père, et l'accent du président avait trop montré aux jurés que le tribunal voulait qu'il en fût ainsi. Par la forme des questions posées, il leur dictait leur verdict :

Il a existé des manœuvres et intelligences avec les ennemis

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