‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 256 sur 451 · J. J. DURÀKD, MAIRE DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

J. J. DURÀKD, MAIRE DE MONTPELLIER

Comme maire du chef-lieu, il avait été nommé président du Comité centra] de résistance, formé par les communes de l'Hérault contre ceux qui avaient mutilé la Convention par l'expulsion des Girondins. Il avait, en cette qualité, signé plusieurs des écrits de ce comité. Dans un de ces mémoires, dont le titre même porte son nom, on lisait :

La force du peuple n'est-elle pas dans sa volonté? Qu'il s'assemble, délibère, prenne une détermination, qui lui résistera ? Paris? Il brûle de se rallier à uous ; il soulève vers nous ses yeux mouillés de pleurs, ses mains chargées de fer. Les conjurés qui l'oppriment? Ils sont trop criminels pour n'être pas des lâches. La Convention ? Sa majorité est faible mais vertueuse; elle a consenti sa honte et Une gronde injustice, mais pour éviter les massacres que les septembriseurs avaient organisés, mais sans doute aussi pour décider les départements. Pardonnons à la Convention : la voix de son avilissement, de son oppression, a été entendue; elle a été le canon d'alarme pour les républicains.

Il pose ces deux questions : Epurement ou renouvellement de la Convention. — - Méconnaissance des décrets rendus depuis le 51 mai; et à cet égard il distingue :

La Conventiou doit être maintenue provisoirement comme pouvoir législatif.

Quant à l'acte constitutionnel, nous devons la déchoir du mandat de l'honneur de la [le] présenter au peuple.

Notre liberté scroit assurée par ceux qui Poppriment ! nos droits par ceux qui les violent! notre souveraineté par ceux que l'usurpent ! Non... Ils sont avilis, ils ne peuvent nous régénérer ; ils sont tyrans ou esclaves, ils ne peuvent nous affranchir ; ils ont outragé le peuple, ils ne peuvent pas le sauver...

En un mot, nous avons deux objets : rétablir et venger la

souveraineté du peuple ; nous avons deux moyens : réintégrer la Convention dans Paris, ou en former ailleurs une nouvelle.

Le premier parti exige un combat ; la victoire n'est pas douteuse, mais elle sera ensanglantée.

Le renouvellement soudain de la Convention et son placement provisoire hors de Paris assurent sans combat la souveraineté du peuple et sa vengeance1.

m Mais le comité de l'Hérault avait dû se dissoudre comme les autres ; et son président se trouvait au nombre des plus compromis. À la suite d'une dénonciation violente, un décret de la Convention le mit en accusation le 9 juillet1.

Durand tâcha de détourner le glaive suspendu sur sa tête, en publiant, un précis de sa défense \ et réunissant de différents côtés les témoignages de son civisme. Il en demanda un à Ouatrefages, officier municipal à Montpellier4; un autre au président de la nouvelle administration de cette ville5. Il écrit:

Je prie l'administration d'exposer à la Convention : Que j'ai toujours été bon et loyal patriote ; Que j'ai servi et prêché la Révolution de tout mon cœur: Qu'au 31 mai j'ai été trompé.

Le même jour il écrivait à « son frère », le priant de

Page 1