‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 281 sur 451 · lbid.t pièce · texte numérisé non relu

lbid.t pièce

Le général de Marcé n'avait pas suivi l'exemple de lant d'autres qui avaient émigré; et sa femme s'était applaudie de sa résolution. Dans une lettre du 12 mars 1792, elle lui disait qu'elle regrettait

Qu'il n'y eût pas plus d'un homme voulant le bien comme lui en France, qui contînt le peuple, l'éclairàt et le forçât à respecter les lois par ses exemples et ses conseils; mais malheureusement on a préféré émigrer, abandonner son roy, sa patrie, sous le prétexte de vouloir les secourir1.

Au commencement de 1792, il commandait pour le roi, en qualité de maréchal de camp, dans les déparlements du Lot, Lot-et-Garonne et Dordogne. Il fut ensuite envoyé dans la Loire-Inférieure ; et lorsque éclata l'insurrection de la Vendée, il fut mis à la tête des premières troupes chargées de la réprimer. Vainqueur à Chanlonay, le 17 mars 1795, il avait subi le surlendemain un échec qu'on ne manqua point d'imputer à sa

1. Archives, W 310, dossier 456, pièce 17. Ce n'est pas qu'elle se fit illusion sur les périls du temps. Elle écrivait le 30 mars 4791 à son mari :

<k Le plus grand nombre aussi disent qu'il faudrait des Libéra en place des Te Deum (elle écrit thédéome), à moins qu'on ne les chantât sur d'autres tons. Pour moi, je préfère les chnnts des oiseaux à tous ces airs-là, et je me joins à toi pour désirer de préférence la paix, la tranquillité et le bonheur de tous. [Ibid., pièce 16 : à M. de Marcé, maréchal de camp, commandant de 5. H. dans les déparlements du Lot , Lot-et-Garonne et Dordogne). — La dernière phrase est marquée par l'accusateur public au crayon rouge. On est plus touché encore du malheur de cette famille quand on songe au calme dont elle jouissait ayant la catastrophe. En voici une autre preuve dans une lettre du 29 mai 1792:

« A Vaunieuaizc, le 29 mai 1792.

a votre première lettre de Nantes est bonne. C'est un vrai bavardinage ; je vois ce petit rieur de chevalier qui est bien content de n'avoir écrit que ce que tu lui dictes. Fais-moi travailler ce petit compère, il ne demande pas mieux. Parlez-moi, mes bons amis, de la vie que vous menez, afin que nous vous suivions d'esprit et de cœur partout où vous êtes. »

Puis elle écrit :

< A mon fils aîné, *

« A mon second fils. »

Et sa lettre se termine par une lettre de la fille aînée (ibid., pièce 19).

trahison. Une enquête fut ouverte et se poursuivit du 22 mars au 5 avril1. Vainement le conseil général de la commune de Nantes et l'état-major général de la garde nationale nantaise attestèrent -ils son civisme (31 mars, 1er avril) *. Un décret du 24 avril le renvoya devant le tribunal révolutionnaire5, et un nouveau décret du 9 juillet ordonna qu'il y serait traduit sans délai *.

L'affaire traîna pourtant encore; le dossier s'était grossi d'une dénonciation de la Société populaire de Mautauban, qui, voyant accusé un général dont les plus chauds patriotes avaient eu autrefois à se plaindre, ne voulut point perdre cette occasion de lui jeter la pierre (25 mai) 5 ; et d'aulre part étaient arrivées des attestations favorables du maire, des autorités municipales et des habitants de la ville de Chinon où il était né. On y certifiait son civisme et son « attachement constant à faire observer les lois constitutionnelles • » .

Le tribunal obéit au décret de la Convention en lui faisant subir, le 26 juillet, l'interrogatoire préliminaire7. Le juge Roussillon le questionna sur son commandement à Montauban, sur son échec en Vendée.

11 dit qu'ayant combattu et dispersé les rebelles près Chantonay le 17 mars, il employa la journée du 18 à

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