‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 280 sur 451 · Archires, ibid., pièce · texte numérisé non relu

Archires, ibid., pièce

liale à Grenoble par arrêté des représentants du peuple à l'armée des Alpes, Dubois-Crancé et Gauthier (24 juillet)1 . Il avait battu l'ennemi : mais il n'avait pas détruit ses magasins, et on l'accusait de s'être retiré trop tôt. Il fut acquitté par le jury d'accusation (24 août1). Mais on le reprit, et on le renvoya cette fois devant le tribunal révolutionnaire5. C'est le juge Subleyras qui fut chargé de l'interrogatoire préalable :

Interrogé si par sa retraite précipitée et pendant les suites funestes qu'elle a eues, il n'a pas manifesté de la pusillanimité ou tout au moins de l'insouciance en s'éloignant des postes périlleux, en abandonnant son camp, en y laissant pour ainsi dire les troupes livrées à elles-mêmes?

A répondu que la retraite n'a été ni précipitée ni aussi funeste qu'on veut le faire entendre ; que cinquante-deux ans de service, dans lesquelles il a fait huit campagnes, s'est trouvé à deux batailles, neuf sièges, dévoient le mettre à l'abri de l'imputation de pusillanimité; que quant à celle d'insouciance, elle n'est pas fondée, vis-à-vis d'un général qui attaque lui-même; que dans cette affaire il a toujours été à son devoir et n'a jamais abandonné ses troupes à elles-mêmes.

On lui demande comment il correspondait avec le général ennemi ? — Par un officier d'étal-major.

D. S'il a un conseil?

A répondu que non ; qu'il persiste à penser qu'ayant déjà été jugé par un jury et confirmé par une commission militaire pour le même objet, il ne peut plus être traduit à aucun tribunal, qu'il ne redoute cependant pas4.

Il n'en fut pas moins condamné.

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