‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 283 sur 451 · Ibid., pièce · texte numérisé non relu

Ibid., pièce

concerter avec le commissaire national (Nion) les moyens de marcher, le lendemain 19, sur Saint-Fulgent. Le 19 on aperçut des troupes occupant les hauteurs. Le commissaire prétendit que c'était l'armée nantaise: c'était un autre corps de Vendéens. Le succès eût pourtant été obtenu si un bataillon n'avait tiré sur des grenadiers et des chasseurs qu'il prenait pour l'ennemi. De là la déroute. Mais le général était resté à l'arrière-garde, se défendant pas à pas.

Les questions posées au jury par le président Dumas étaient un vrai réquisitoire :

Est-il constant que dans la journée du 19 mars dernier, dans différents lieux du département alors de la Vendée, il a été pratiqué des manœuvres tendant à favoriser la révolte et les progrès des révoltés dans ce département?

Louis-Henri-François Marcé, né à Chinon, domicilié à Fissey (?) département d'Eure-et-Loir, cy-devant général de la 12e division de l'armée de l'Ouest, est-il convaincu d'avoir été auteur de ces manœuvres :

En ne donnant aucun ordre pour la formation des troupes en corps d'armée; — en laissant les troupes sans subsistances et les en privant à dessein ; — en affectant plusieurs fois de faire battre la générale au moment de manger la soupe ; — en ne faisant dans aucune circonstance, même dans le danger, aucunes dispositions pour l'attaque et la défense; — en arrêtant, à la journée du 15» au bivouac, à Pont-Charron, les troupes qui devaient attaquer Tenneipi qui égorgeait les patriotes à Chantonay; — en ménageant les ennemis à la journée du 17; — enfin, à la journée du 19, en engageant les troupes dans des positions et dans un ordre perfide ; en enchaînant dans ces positions les troupes en présence de l'ennemi ; en ne donnant aucun ordre dans l'action ; eir refusant, à l'entrée de la nuit, d'ordonner une retraite devenue nécessaire ; en abandonnant par une fuite lâche et criminelle

E. DE ROETTEERS, M— DE BÏLLENS ET DE CHARRÀS. 381

les troupes en désordre, et l'artillerie exposée : ce qui a fait perdre à la République de généreux défenseurs, et a procuré aux révoltés des progrès monstrueux?

Dumas1.

La réponse fut affirmative, et le brave général monta à l'échafaud.

Emmanuel de Roettiers. — Mmes de Billens et de Charras.

Les femmes, et particulièrement les femmes de noble origine, faisaient pour le tribunal une véritable clientèle. Demeurées plus généralement en France tandis que leurs maris, leurs frères ou leurs enfants émigraîent, elles étaient suspectées de n'être pas sans recevoir de leurs nouvelles, et c'était assez pour les perdre. C'est ainsi qu'à l'audience du îi pluviôse (30 janvier), nous trouvons, en même IcmpsqueJ.-B.-Em. de Roettiers, gentilhomme de la chambre, Catherine d'Es-nuc, femme du baron Tobie Gothereau de Billens, de la république de Fribourg en Suisse, et Jeanne Roettiers de laChauvinbrie, femme du marquis de Charras, accusées d'intelgence avec les émigrés.

Mme de Billens, interrogée sur les personnes qu'elle a vues depuis la Révolution, répond qu'elle n'a vu que la citoyenne Charras, son amie, et encore fort rarement, à la campagne; à Paris, elle n'avait de rapports qu'avec le citoyen Ker, banquier, et les amis qu'il lui amenait ; mais il est faux qu'aucun conciliabule ait été tenu chez elle ; depuis que Ker s'est retiré en Angleterre, elle a

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