Archives, ibid., pièce
582 CHÀl\ XXII. - PLUVIOSE (PREMIÈRE MOITîfcj.
reçu des fonds de lui, et ne lui en a jamais envoyé. Elle ne s'est point réjouie des échecs de la Fr* nce.
D. Si elle n'a pas désiré l'entrée en France des Anglois et autre coalisés pour rétablir le roi?
« A. répondu, qu'il est possible qu'avant le départ du cydevant roi elle ait pu tenir inconséquomment quelque conversation semblable et par manière d'acquit, mais aussi que depuis elle a été indignée, comme bien d'autres, du départ du cy-devant roy et alors est devenue républicaine.
Et elle en donne la preuve dans ce qui suit :
On lui demande ce qu'elle pense des membres de la Convention? — Elle ne connaît pas les hommes, mais leurs décrets sont bons.
N'a-t-clle pas mal parlé d'eux? — Non pas d'eux, mais de la Constituante (mal parler de la Constituante, était un titre aux yeux du tribunal).
N'a-t-elle pas désapprouvé la mort du roi et de Marie- Ânf omette? — Non.
Elle a approuvé la mort des Girondins l.
Un domestique de Ker, J. B. Begrand, entendu dans l'enquête, rabattait beaucoup, il est vrai, de ces déclarations républicaines. 11 avait entendu l'accusée tenir des propos aristocratiques : elle avait dit, à l'époque où a éclaté la guerre, que la garde nationale n'était pas asseï forte pour résister ; que la Convention mettait le désordre partout, qu'elle défaisait tout et ne faisait aucun bien. Le même Begrand l'avait bien entendue approuver la sentence de mort rendue conlre les Vingt-deux (Vingt et un), mais c'est parce qu'elle espérait que tous les députés se détruiraient entre eux, et que par conséquent les
1. Archives, W 348, dossier 702 bis (dossier de Laborde, etc.), 2» partie, pièce 26 (17 frimaire).