‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 292 sur 451 · Ibid., pièce · texte numérisé non relu

Ibid., pièce

Assurément, il y avait là plus d'un cas de condamnation à mort, si cette négociation avait eu lieu en 1793. Mais elle datait de 1791, d'un temps où elle n'avait rien d'illicite, et l'abbé, eût-il élé à l'étranger dans l'intervalle, se trouvait alors à Paris. Cela résulte de l'interrogatoire que le juge Lanne fit subir à l'inculpé le 12 nivôse. Le voici tout entier :

D. Sil n'a jamais écrit à l'émigré Narbonne depuis qu'il est émigré?

R. Que depuis qu'il est émigré, il ne lui a jamais écrit.

D. S'il ne lui a pas écrit en décembre 1 791?

R. Qu'il lui a écrit à cette époque, à son adresse à Paris, rue Saint-Louis, au Marais.

D. S'il a un conseil1?

Et c'est tout!.. Que pouvait-on ajouter en effet? les lettres étaient et sont encore au dossier : l'une du 2 décembre, qui avait dû avoir une enveloppe et qui portait au bas l'adresse de l'abbé de Narbonne,rue Saint-Louis au Marais n° 24"; l'autre du 6 décembre, pliéeetportant au verso du second feuillet son adresse : A Monsieur, Monsieur l'abbé de Narbonne, rue Saint-Louis au Marais n° 24, avec le timbre de la poste, le coût du port et le lieu d'expédition : Luzarche s.

Cet échange même d'assignats en argent au pair (et ce n'était pas les discréditer à coup sûr), convenu en 1791 avait-il eu lieu plus tard? Il n'y en a aucune trace au procès. Le juge ne s'en enquiert pas dans l'instruction. L'accusateur public avait bien noté d'un trait, comme malsonnant, ce calcul qu'au 1er juin 1792 « tous les évé-

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