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LE NOTAIRE DUCLOS-DUFRESNOY

nements de contre-révolution seraient terminés d'une manière ou d'une autre; » mais il en était réduit dans son acte d'accusation aux deux lettres d'où il prétendait tirer : 1° que Duclos-Dufresnoy avait acheté le mobilier de Narbonne pour favoriser son émigration ; 2° que Narbonne étant revenu en France, l'accusé avait cherché le moyen de le payer en espèces ; 5° qu'il s'était engagé à effectuer ce payement au 1er juin 1 792 ; « 4° que c'était la situation d'émigré, de contre-révolutionnaire et de conspirateur qui donnait à Dufresnoy tant de désir et tant d'empressement à procurer des fonds en numéraire à ce traître : » — assertion purement gratuite. En somme il n'y avait là qu'une opération parfaitement légitime entre deux personnes résidant en France : les lettres qui formaient le corps du délit en témoignaient authentiqua ment.

Mais il y avait des convoitises en jeu; et Beaulieu, qui se trouvait alors à la Conciergerie avec Duclos-Dufresnoy nous expose, outre la confiance absolue de l'accusé dans son bondroit, les raisons qui l'avaient fait mettre en cause et celles qui déterminèrent le jugement :

c M. Duclos-Dufresnoy très riche notaire de Paris, fut dénoncé, et arrêté par un révolutionnaire fameux nommé Héron, qui en voulait à sa fortune, et traduit au tribunal révolutionnaire. On l'accusait d'avoir fait passer de l'argent aux émigrés. Voici sur quoi était fondée cette accusation. M. Duclos-Dufresnoy avait acheté de la nation un bien ecclésiastique dont M. l'abbé de Barmont (Narbonne) avait été titulaire, et de cet abbé, le mobilier de la maison; il lui avait payé comptant une partie du prix, et fait un billet pour le reste. Avant l'échéance de cet effet, M. de Barmont (Narbonne) émigré et passe son

billet à l'un de ses créanciers de Paris. L'échéance arrivée, le porteur du billet se présente chez M. Dufresnoy et son caissier le solde sans difficulté. Voilà toute l'affaire. >r — C'est une erreur : ni aucune pièce ne rétablit, ni l'accusateur public ne le prétend. — « J'ai travaillé, dans la prison, avec M. Dufresnoy, à la rédaction de ses moyens de défense, et je ne pouvais croire qu'il eût la moindre chose à craindre: il n'appartenait point aux classes proscrites ; et je n'imaginais pas encore que le tribunal fût chargé d'assassiner les gens, précisément parce qu'ils avaient de la fortune. M. Dufresnoy regardait lui-même sa mise en liberté comme certaine : il avait fait préparer son dîner chez lui, et y avait invité plusieurs personnes. En montant au tribunal, il nous quitta tous gaiement et m'assura qu'il mettrait tout en usage pour me faire rendre justice. Ce qui rassurait encore davantage sur cette affaire, c'est que M. Dufresnoy était fort aimé des pauvres et du peuple de son quartier, et que c'était au peuple qu'on voulait faire approuver ces déplorables jugements. Le terrible auditoire entendit avec satisfaction la facile défense que M. Chauveau-Lagarde prononça pour l'accusé; les jurés se consultèrent entre eux et parurent d'accord pour l'acquitter ; la joie brillait sur le visage de ses amis, de ses domestiques présents à l'audience; il allait descendre des redoutables gradins et tomber dans leurs bras ; mais M. d'Àntonelle se lève, déclame contre l'aristocratie et les intentions contre-révolutionnaires de l'accusé ; une centaine de sans-culottes applaudissent avec fureur ; et les jurés, dociles exécuteurs de la volonté populaire, envoient à la mort celui qu'une demi-heure auparavant ils avaient résolu d'absoudre. Le malheureux Dufresnoy repassa

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