lbid.% pièce
LA MARQUISE DE MARBEUF ET J. PAÏEN. iOl
gagner les habitants de sa commune et ne pas la rendre suspecte au gouvernement. On ne pouvait citer d'elle que des actes de charité. Elle avait exécuté des travaux qui devaient servir à l'assainissement du pays et au bienêtre de la population. Elle avait acheté un bien national où elle avait entrepris de bâtir la plus grande filature de coton que Ton pût citer; elle avait divisé par lots une portion de ses terres et les avait donnés à ferme à vingtdeux habitants de Champ, au-dessous de leur valeur1.
Mais cela ne suffit pas à la défendre.
Les proscrits prétendus cachés (on parlait d'un Suisse, de nobles) n'avaient pas été découverts ; le produit des accaparements n'avait pas été trouvé : les scellés mis sur ses maisons des Champs-Elysées et de Chaillot1 n'avaient pas donné d'autres résultats que les recherches faites dans son domaine de Champ. Mais il y avait les terres mises en sainfoin ou soustraites à la culture3 ; il y avait les propos dont les dénonciateurs témoignaient en même temps; il y avait au moins les sentiments contre-révolutionnaires qu'on pouvait supposer à une ci-devant marquise.
Mme de Marbeuf opposa des observations aux griefs de ses dénonciateurs. On avait mis les terres en luzerne pour les reposer d'une autre culture; le parc de même, parce qu'il était favorable à l'élève des bestiaux dont on voulait accroître le nombre. Si les autres terres avaient