ftaf., pièce
GABRIEL PIANCHUT LÀ CàSSAIGNE. 429
dat qu'il avait cru reconnaître, au milieu de son ivresse, pour avoir été en garnison à Nîmes et qu'il lui avait offert un verre de vin.
Le juge lui cita les propos qu'on lui imputait. II dit qu'il n'en avait gardé aucun souvenir, persévérant dans ses dénégations1. Fouquier-Tinville n'en trouva pas moins dans celte affaire un thème propice à son éloquence homicide :
« Que sa conduite et sa manière d'exister donnent lieu de présumer que les cris séditieux et de contre-révolution qu'il a fait entendre au café do Foy tiennent à des relations avec la horde des conspirateurs contre la République française*, etc. »
Le procès-verbal de la séance d'audience ne nous donne sur les débats que les noms des témoins5; mais on y peut suppléer par les détails que Ton a vus consignés au procès-verbal du Comité de la section, devant lequel l'accusé avait déjà comparu: car ce sont les mêmes qui déposent. Devant ces déclarations qui constataient tout à la fois le délit et l'excuse, le président Dumas posa ainsi les questions au jury :
Est-il constant que le 26 frimaire dernier, au café de Foy, maison Égalité à Paris, il a été tenu des propos contenant provocation au rétablissement de la royauté en France?
Gabriel Planchut, dit La Cassaigne, est-il auteur de ces provocations ?
Les a-t-il faites sciemment1?
Évidemment, par celte troisième question, il provoquait une réponse négative.