‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 321 sur 451 · GABRIEL PLANCHUÏ LA CASSAIGNE · texte numérisé non relu

GABRIEL PLANCHUÏ LA CASSAIGNE

moignait d'une médiocre sympathie pour la Révolution :

Air des Petits Savoyards,

11 étoit une assemblée, Jamais telle il n'en sera, Qui sur le bruit d'une armée Hors de Franco se sauva.

Et aïe et eii et pouah4 !

Et aïe et eii !

Et velà comme on arrive. Mais au passage on, les guett'ra, Aucun d'entre eux n'échappera.

Ramonez -ci, ramonez-là, Ces avocats, ces renégats, Ces scélérats du haut en bas (bis).

Etc.

Ils dirent qu'ils n'y attachaient pas d'importance; mais non pas les jurés ni les juges. Ils furent condamnés à mort (26 pluviôse, 14 février).

Nous n'avions plus rencontré depuis quelque temps de cas d'ivresse. En voici un qui ne pouvait laisser aucun doute aux jurés.

Gabriel Planchut La Cassaigne, négociant en vins, natif de Nîmes, avait été arrêté au Palais-Égalité en état d'ivresse et criant : Vice Bourbon! Vive Monsieur l II faut mourir comme eux et pour la patrie I On le conduisit au comité révolutionnaire de la section de la Montagne. II nia les propos, mais il élait tellement ivre qu'on dut remettre au lendemain pour l'interroger*. Le lendemain, il dit qu'il ne croyait pas avoir parlé ainsi. Il était de bonne foi : car il se trouvait la veille dans un

1. On lit : pousse. La pièce, du reste, ne vaut guère la peine d'être corrigée. % Archives, \V 524, doss. 516, piôcc 15. On ne cita non plus aucun témoin {ibid.y pièce 41, proctVverbal d'audience).

■428 CUAP. mil. — PLUVIOSE (SECONDE 110ITIÉ).

état où Ton ne garde pas la mémoire. Mais trois témoins l'avaient entendu et en déposaient. On l'envoya au Comité de sûreté générale, avec un extrait du procès-verbal de la section, qui offrait dans ces témoignages les moyens d'apprécier le fait : tous les trois attestaient en même temps et les propos tenus et l'ivresse du coupable : Vive Monsieur, vive Bourbon ! il faut mourir comme eux I Ils étaient bien vivants, c'était évidemment propos d'ivrogne1. L'un des témoins, par exemple, Delhegny, souscaissier à la Trésorerie nationale, disait qu'il avait vu le prévenu chez le citoyen Ghatel, restaurateur; qu'il lui avait paru entièrement ivre :

Je déclare, ajoutait-il, qu'arrivé après dîner au café de Foy, j'ai vu ce citoyen entrer aussi avec le militaire dont je viens de parler et tenir des propos d'une extravagance, d'un incivisme inouï, tels que ceux-ci par exemple : Vive Monsieur! Vive Monsieur! Vive Bourbon! et mourons dessus. Je déclare que je l'ai vu beaucoup plus saoul que chez le citoyen Chatel, et la maîtresse du café en a été si convaincue qu'elle a refusé de lui redonner du punch qu'il a fait demander à plusieurs reprises1.

Ou aurait pu le frapper des peines de simple police. On l'envoya au tribunal révolutionnaire.

Interrogé le 3 nivôse par le juge Maire sur son second nom et s'il était noble, il dit que ce nom était celui d'une terre à lui ; qu'il n'était pas noble, mais que son père, capitoul de Toulouse, aurait pu lui transmettre la noblesse, si la Révolution n'avait pas eu lieu. Sur le fait dont il était accusé, il dit qu'il avait dîné chez Ghatel ; qu'au sortir de là il était entré au café de Foy avec un sol -

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