VENTÔSE
État des prisons à la fin de nivôse. — Oossenay.
Le mois de nivôse laissait les prisons toujours encombrées de prévenus > qui attendaient leur mise en accusation et leur jugement. L'état des détenus dressé le "29 n'en portait pas moins de T>092 : 481 à la Conciergerie, 606 à la Grande-Force, 290 à la Petite-Force, 225 à Sainte-Pélagie, 255 aux Madelonnettes, 154 à l'Abbaye, 790 à BictHre, 542 à la Salpètrière (dans ces deux derniers lieux il y a des condamnés), 115 à la Mairie, 456 au Luxembourg, 428 à la Bourbe ou Port-Libre, 1 94 aux Carmes, et le reste distribué entre dix à douze autres couvents ou maisons de santé convertis en succursales des prisons1. Il fallait les vider, ou plutôt y faire place a d'autres, et dans le mois suivant on y travaille avec zèle.
Le mois de ventôse nous offre la même suite d'affaires : émigrés et plus généralement correspondants de parents que l'émigration n'avait pas pu rendre étrangers les uns aux autres ; prêtres réfractaires, c'est-à-dire fidèles à leur serment, propriétaires changés en accapareurs, modérés transformés en fédéralistes; et surtout nombre de gens qui n'avaient pas su tenir leur langue : tous crimes